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Thierry Marchand : « Il faut arrêter de dénigrer notre profession »

Thierry Marchand est gérant d’un petit cabinet de diagnostic immobilier créé en 2005 et exerce à Dinan dans le département des Côtes-d'Armor, en Bretagne. Il a adhéré à la Chambre des Diagnostiqueurs Immobiliers FNAIM en 2011, puis a rejoint son conseil d’administration, dans l’équipe de Claude Pascal, en 2013. Il a été élu président de la CDI FNAIM le 1er juin 2016.

 

Le nouveau président de la Chambre des Diagnostiqueurs Immobiliers FNAIM annonce les orientations de sa fédération et livre sa vision du métier.


Nouveau président, donc nouvelles orientations pour la CDI FNAIM ?


Nous allons œuvrer dans la continuité de l’action de mon prédécesseur, Claude Pascal, qui a fourni un travail considérable durant ses deux mandats avec notre délégué général Sylvain Coopman. Outre notre  mission d’accompagnement de nos adhérents avec nos différents services, nous souhaitons continuer à plaider auprès des pouvoirs publics pour simplifier notre environnement réglementaire, notamment en ce qui concerne la forme des rapports de diagnostics qui, souvent trop complexes, ne remplissent pas toujours leur rôle qui est d’apporter une information claire à ceux à qui ils sont destinés. 


Comment jugez-vous l’état de la représentativité du diagnostic immobilier ? On sait que les organisations professionnelles n’ont pas vraiment les faveurs des diagnostiqueurs.


Le niveau de représentativité du diagnostic immobilier reste assez faible. Je connais bien le monde des syndicats professionnels et je sais pourtant à quel point il est important de fédérer notre profession autour des principales organisations professionnelles, celles qui détiennent les compétences et la connaissance des réseaux afin de faire valoir notre vision de notre métier auprès des pouvoirs publics. Et pour cela il est essentiel que toutes les bonnes volontés rejoignent ces fédérations. Nous avons besoin d’adhérents qui s’impliquent sur des thèmes qui leur sont chers, pour lesquels ils ont une réelle compétence et un savoir-faire particulier, d'autant que nous avons fait du chemin depuis 2007. La CDI FNAIM est appréciée des pouvoirs publics pour son approche constructive et responsable du secteur. Cela participe aussi à une meilleure perception de notre profession par les autorités comme par les autres acteurs (fédérations professionnelles du bâtiment et de l'immobilier, assureurs, associations de consommateurs…).


« Il faut valoriser notre profession et arrêter de la dénigrer »


Les diagnostiqueurs compétents doivent s’engager en faveur de leur profession pour lui apporter enfin ses lettres de noblesses. Il faut valoriser notre profession et arrêter de la dénigrer. Notre métier est un beau métier, il est passionnant, mais il est aussi chronophage et, à mon sens pas assez rémunérateur par rapport au travail réalisé. On le voit, beaucoup de nos confrères arrêtent leur activité, usés par la concurrence des prix bas et le manque de rentabilité de leur entreprise. Les contacts avec les pouvoirs publics que nous tissons depuis près de 9 ans maintenant à la CDI FNAIM nous permettent de faire passer ces messages tout en travaillant avec eux sur l’ensemble des textes réglementaires et législatifs qui encadrent notre activité quotidienne.


De nombreux diagnostiqueurs s’apprêtent à se renouveler leurs certificats de compétences en 2017. Quelle est la position de la CDI FNAIM sur le régime de certification ?



On entend beaucoup les diagnostiqueurs qui critiquent le dispositif de certification de leurs compétences, mais nombreux sont ceux aussi qui reconnaissent son utilité. Mais, comme en politique, c’est toujours la minorité qui manifeste qui est la plus audible.


Il faut avoir un peu de mémoire quand on évoque ce sujet soumis à toutes les polémiques… Rappelons-nous que, si ce système a été instauré, c'est parce qu'aux débuts du diagnostic immobilier, un certain nombre de (gros) sinistres ont inquiété les assureurs au point qu'ils se retiraient tous de notre activité - en particulier sur l'amiante - et ce par des diagnostiqueurs de longue date dans le domaine du bâtiment. Il n'y avait donc plus de solution d'assurances, pour les diagnostiqueurs en activité comme pour ceux qui souhaitaient exercer notre métier. C'est donc après ces sinistres importants que la certification a été instaurée pour rassurer les assureurs et l'ensemble de nos prescripteurs.


De plus, nous avons de plus en plus besoin d’une qualification pointue car nos obligations se développent sans cesse et notre responsabilité est toujours plus exposée. Certains considèrent la certification comme un permis de travailler, ce qui est  vrai, mais c’est avant tout un droit d’entrée dans ce métier. Tout diagnostiqueur doit être certifié pour exercer son métier,  ce qui permet également de suivre les compétences de nos collaborateurs afin de garantir la pérennité de nos entreprises et de notre profession.


Donc on ne change rien ?


À la CDI FNAIM,  nous sommes pour un aménagement du dispositif de renouvellement de la certification moins éprouvant pour les diagnostiqueurs car, on le voit, les diagnostiqueurs qui se présentent dans les centres d’examens sont souvent assez angoissés. Cela pourrait passer par un allongement du cycle de recertification à 10 ou 12 ans par exemple avec, tous les trois ans, une surveillance sur rapports et plus de formation continue.


« Notre problème majeur est que nos prestations ne sont pas assez valorisées »


Les pouvoirs publics nous écoutent sur ce sujet, mais ils restent un peu sur la réserve pour l'instant aux vus de la qualité de certains diagnostics produits.


Les critiques de certains diagnostiqueurs sont généralement centrées sur le coût du dispositif actuel.


Quel que soit le dispositif, formations ou autres, il faudra payer. Même en allégeant le processus de recertification, on pourra difficilement faire baisser les coûts de façon significative. En réalité, notre problème majeur est que la valeur de la prestation que nous vendons à nos clients n’est pas suffisamment élevée. Or le diagnostiqueur, qui est un chef d’entreprise, doit d’abord œuvrer pour renforcer sa marge, notamment ne pas « casser les prix  » pour davantage travailler. On le constate depuis toujours : ceux qui maintiennent leurs tarifs et préservent leurs marges sont ceux qui s'en sortent le mieux. Heureusement notre métier est aujourd’hui plus mûr, plus stable. Nous devons tous continuer à développer la qualité de nos prestations et ainsi gagner la confiance des donneurs d’ordre, ce qui permet, à terme, de mieux valoriser nos prestations.


2017 sera aussi l’année de l’entrée en vigueur des diagnostics locatifs électricité et gaz. Que doivent en attendre les diagnostiqueurs ?


Les diagnostiqueurs doivent anticiper ce nouveau marché car ce ne seront pas des prestations comme les autres. Si les méthodologies et contenus des diagnostics sont identiques à ceux de la vente, nos interlocuteurs ne seront pas dans le même contexte. Contrairement aux diagnostics vente où l’acquéreur demande au vendeur de baisser son prix en fonction des éventuelles désordres constatés, dans le cas des diagnostics gaz et électricité dans le marché locatif, les conclusions mettant en évidence des problèmes de sécurité des personnes vont contraindre le propriétaire à réaliser des travaux pour y remédier.
En effet, si l'obligation n'est pas explicite (elle n'avait pas à être précisée dans ces décrets, pas plus que des sanctions d'ailleurs), cela ne veut pas dire que le propriétaire n'a rien à faire ou n'est pas "sanctionnable" si des défauts sont décelés. La loi sur le logement décent l'oblige déjà à louer un bien exempt de tout danger. Avec l'intégration des états des installations de gaz et d'électricité dans le DDT location, un pas est franchi : le propriétaire ne pourra plus dire qu'il ne savait pas. Le diagnostiqueur aura donc un rôle d’arbitre entre le locataire et son bailleur, ce qui ne va pas être simple.


En termes de marché, l’arrivée de ces diagnostics devrait apporter un vrai supplément d’activité pour les diagnostiqueurs qui s’y seront préparés. Une bonne nouvelle pour beaucoup de petits cabinets qui souffrent, s'ils ne se lancent pas dans une guerre des prix inconséquente.

Mise en ligne le samedi 10 septembre 2016

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Groupe international de premier plan dans le domaine du management des risques, SOCOTEC France (3800 personnes) exerce ses métiers auprès des acteurs de la construction, de l'immobilier, de l'industrie et de la santé. Rattaché(e) à l’agence Gestion de Patrimoine Immobilier Bretagne Manche et basé(e) à Rennes (35) vous serez notamment amené(e)à : > Réaliser des diagnostics immobiliers : amiante, plomb, énergie > Réaliser des diagnostics de bâtiment > Réaliser des diagnostics accessibilité handicapé > Diagnostiquer des bâtiments existants : structure, clos-couvert, aménagements > Etablir des devis et des rapports de mission > Communiquer avec les clients De formation technique BAC+2/3, vous possédez une expérience professionnelle dans le bâtiment et les diagnostics réglementaires. Vous êtes intéressé(e), curieux(se) et motivé(e) pour réaliser des missions variées en Gestion de Patrimoine Immobilier. Autonome, vous êtes également capable de travailler en équipe. Vous possédez de réelles capacités d'écoute et de synthèse. Déplacements quotidiens à prévoir dans la région Bretagne - Manche. Engagé en faveur de l'égalité des chances, Socotec France vous informe que ce poste est ouvert, à compétences égales, aux candidatures de personnes en situation de handicap. SOCOTEC France Agence GPI Bretagne Manche - Caen Statut du poste : ETAM (Bâtiment) A pourvoir : 01/02/2017 » Pour toute information complémentaire : - Natacha NSOMBOLI, Responsable de Recrutement - Nicolas HUCHET, Directeur d'Agence
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