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Assurances RC Pro : l’exaspération des diagnostiqueurs face aux hausses des primes

Une très large majorité des diagnostiqueurs interrogés par Diagactu juge anormales les augmentations des prix de leur assurance. Et ils le font savoir.

 

Le constat est simple et il est massivement partagé par les diagnostiqueurs interrogés par Diagactu : les assureurs sont de moins en moins nombreux à garantir les risques de l’activité de diagnostiqueur tandis que, dans le même temps, les primes augmentent anormalement.  L’étude réalisée par Diagactu du 21 au 28 novembre 2017 auprès des diagnostiqueurs (481 répondants) confirme une situation tendue sur ce sujet.


« Notre société a 10 ans et nous avons déjà été résiliés par deux assurances sans avoir eu de contentieux, juste parce qu'elles arrêtaient de couvrir ce domaine d'activité », témoigne par exemple ce professionnel établi près de Rouen. Ou un de ses confrères basé à Marseille dont l’ancienne compagnie a décidé de ne plus assurer les diagnostiqueurs : « le nombre de compagnies assurant les diagnostiqueurs est réduit, donc nous n'avons pas tellement le choix de l'assurance ».


Comme 61% de leurs confrères interrogés par Diagactu, tous deux se disent inquiets pour le devenir de leur assurance RCP.


Il est vrai que la tendance du marché ne pousse pas vraiment à l’optimisme. « Au vu du problème de l’amiante et de la responsabilité souvent engagée de notre profession, je m’inquiète que les assurances ne souhaitent plus assurer notre profession, nous écrit un professionnel installé à Embrun, dans le département des Hautes-Alpes, et que s’il n’en reste plus que la prime explose ». 


Un pessimisme partagé aussi à Metz : « les assurances seront d'un coût de plus en plus élevé compte tenu que les clients sont procéduriers et souvent insatisfaits des résultats des diagnostics, notamment le DPE. L'avenir avec un DPE justicier de taxes fiscales supplémentaires est prometteur de nombreux mécontentements », conclut ce professionnel informé du projet de création par le gouvernement d’un bonus-malus écologique basé sur le DPE.  « Vu l'évolution de la société et le monde procédurier dans lequel on évolue cela va être très compliqué », renchérit un autre diagnostiqueur.


Une augmentation des primes jugée illégitime


69% des diagnostiqueurs interrogés considèrent que l’augmentation de leur prime sur les trois dernières années n’est pas légitime. Ils sont même 80%, parmi ceux dont la prime a été relevée ces douze derniers mois, à juger anormales ces hausses de tarif.  Car ce phénomène frappe aussi les professionnels qui n’ont jamais déclaré de sinistres.


Un diagnostiqueur installé à Saulon-la-Rue (Côte-d'Or) note une augmentation de 30% cette année « malgré une absence de sinistre ». Idem à Mantes-la-Jolie : « +20% en 2 ans sans avoir eu de sinistre ». Même expérience pour ce diagnostiqueur parisien : « j'ai dû anormalement quitter un contrat groupe pour ne plus voir bondir ma prime 50% en 5 ans ».


Ils sont rares  ceux qui considèrent que cette situation sur le plan assurantiel  est normale. Un diagnostiqueur savoyard, il est installé à Aix-les-Bains, en fait partie. Lui estime que le niveau des primes « devrait globalement augmenter si les compagnies d'assurance veulent continuer d'être gagnant, le montant de l'assurance étant ridicule par rapport à toutes les erreurs que l'on voit sur les rapports qui nous passent entre les mains ».


Mais c'est bien un sentiment d’injustice qui s'est massivement exprimé à l’occasion de cette consultation réalisée par Diagactu. Comme pour ce diagnostiqueur de Lierville, dans l’Oise, qui, comme beaucoup de ses confrères, s’en prend directement aux compagnies d’assurance : « les assureurs vont profiter de la tendance actuelle de la prolifération des déclenchement de sinistres pour invoquer l'augmentation de leur coûts et ainsi nous augmenter la prime, même si on a pas de sinistre ».


Les « caprices » des assureurs


Au Bourg-d'Oisans, au pied de l’Alpe d’Huez, ce diagnostiqueur dit exercer depuis 20 ans et n’avoir jamais fait fonctionner son assurance : « mon assurance AXA ne cesse d'augmenter. Il en était de même avec MMA. Je pense que nos assurances ont bon dos. Qui ponctionne dedans ? Je ne pense pas que ce soient les diagnostiqueurs »,  s’insurge-t-il.


« Les professionnels du secteur subissent les caprices des assureurs, certains n'arrivent plus à s'assurer pour l'amiante et termites ou avec des montants excessifs », pense un diagnostiqueur haut-savoyard (Saint-Félix). Ce diagnostiqueur girondin estime aussi que les assureurs sont les premiers responsables de cette situation. « Les assureurs ne prennent la mesure de l’activité qu’après l’empilement des sinistre et non en amont ».

 

« En cas de sinistre, ne croyons pas trouver un soutien ou une collaboration auprès de notre assureur, prévient un autre professionnel. Il gère au risque, point ».


Toujours en Gironde, un autre professionnel pointe les sociétés « qui font des diagnostics avec des personnes non certifiés. Or, selon lui, « tant que les assureurs ne contrôlent pas ce qu'ils assurent on aura toujours des tocards dans la concurrence ».


Les « sprinteurs » du diagnostic


Les « tocards », en d’autres termes les professionnels incompétents et/ou inexpérimentés, et bien sûr aussi ceux manquant de déontologie, sont en effet les autres coupables naturellement désignés dans cette consultation.


« Quelques abus de parts et d'autres et c'est tout le troupeau qui prend », note ainsi ce diagnostiqueur parisien.  L’un de ses très proches confrères à Paris estime lui aussi que le désengagement des assureurs est « peut-être en partie dû au travail bâclé de certaines sociétés et aux litiges qui en découlent. Pour que les assureurs restent sur le marché, il faudrait peut-être sortir les diagnostics de la logique purement et exclusivement commerciale de certaines sociétés, qui font courir leurs techniciens pour garantir la rentabilité de prestations bradées... ».


Ce diagnostiqueur installé à Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne) dénonce lui ceux qu’il nomme  les « sprinteurs du diagnostic », c’est-à-dire les professionnels « qui font les diagnostics en intégralité en battant le record d'Usain Bolt sur 100m », précise-t-il. « Tant que notre profession ne sera pas plus mature et responsable, les assureurs se feront encore de belles fortunes sur notre dos ».

 

Un autre diagnostiqueur installé près d'Aix-en-Provence pointe « le manque de professionnels aguerris dans la partie du diag avant travaux/démolition. Que les diagnostiqueurs immobiliers location/vente restent à leur place... ou montent en compétences réellement ! ».

 

À Saint-Sulpice-de-Pommeray, dans le Loir-et-Cher, un diagnostiqueur considère lui que « le problème vient des grands groupes de diagnostiqueur qui ont le plus de litiges ».


Et pourquoi pas un bonus-malus dans le diagnostic immobilier ?


Cette distinction entre bons professionnels et « chauffards » du diagnostic immobilier attise la tentation pour beaucoup de réclamer un système de bonus-malus sur ce marché de l’assurance du diagnostiqueur , sur le modèle de ce qui existe en matière d’assurance automobile. « Un système de bonus-malus devrait être mis en place pour récompenser les cabinet consciencieux et pénaliser les cabinet ayant des sinistres », propose par exemple ce diagnostiqueur marseillais.


Même idée du côté de Carmaux (Tarn) : « il faudrait avoir un bonus-malus qui permettrait de payer moins si on n'a pas de sinistre (reconnu responsable). Cela permettrait peut-être de sortir les mauvais diagnostiqueurs avait des tarifs prohibitifs ou du moins les forcer à bien travailler ».


Sur ce même principe, un diagnostiqueur rochelais imagine un « prix de base auquel on pourrait ajouter des malus sur les contrats ayant des litiges avec responsabilités avérées ». 


Enfin, citons ce professionnel de Grenoble, qui nous dit exercer depuis 13 ans le métier : « j'ai vu l'évolution de la législation qui est d'une complexité incroyable, il faut être juriste pour exercer son travail de ce fait les petit cabinets sont condamnés. Les prix des diagnostics n'ont pas évolué, voir baissé, c'est la clé du problème, la forte concurrence nous mène vers le bas, prix bas prestation bâclé ».

Mise en ligne le lundi 4 décembre 2017

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