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Diagnostic électricité : la liaison équipotentielle supplémentaire (LES) - 4 juin 2010

Dans le cadre du diagnostic électrique, une liaison équipotentielle supplémentaire (LES) doit exister dans chaque local contenant une baignoire ou une douche. Quel est le rôle de cette liaison ? Qu’apporte-t-elle par rapport à la mise à la terre ? Quelles sont les vérifications demandées à son sujet par la norme XP C 16-600, actuelle et à venir ? Eléments de réponse…

 

1. Le rôle de la liaison équipotentielle supplémentaire dans les locaux contenant une baignoire ou une douche

 

Dans un local contenant une baignoire ou une douche, la présence d’eau réduit considérablement la résistance électrique du corps humain, ce qui aggrave les risques d’électrocution. Pour protéger les personnes, une liaison équipotentielle supplémentaire doit donc être réalisée dans chaque local de ce type entre tous les éléments conducteurs et les masses simultanément accessibles. Cette LES doit ainsi relier :

  • la broche de terre des socles de prise de courant ;
  • les canalisations métalliques d’eau froide, d’eau chaude, de vidange ;
  • les canalisations métalliques de chauffage, de gaz, situées à moins de 3 m du bord de la baignoire ou du bac à douche (en horizontal) ou bien du sol (en vertical) ;
  • les huisseries métalliques de porte et de fenêtre situées à moins de 3 m du bord de la baignoire ou du bac à douche (en horizontal) ou bien du sol (en vertical) ;
  • la masse des matériels de classe I, situés à moins de 3 m du bord de la baignoire ou du bac à douche (en horizontal) ou du sol (en vertical) ;
  • le corps métallique de la baignoire ou du bac à douche.

 

Il ne faut pas confondre le rôle de la mise à la terre des circuits avec celui de la LES. L’installation de mise à la terre permet d’évacuer vers la terre toute fuite de courant (défaut d’isolement) au niveau d’un circuit ou d’un matériel. La liaison équipotentielle supplémentaire maintient localement une différence de potentiel négligeable entre toutes les masses et les éléments conducteurs susceptibles de propager un potentiel dangereux, et simultanément accessibles au toucher par une personne. Tout risque d’électrisation est ainsi écarté.

  

2. Les vérifications demandées par la XP C 16-600 actuelle au sujet de la LES

 

L’exigence B5.3.a demande de vérifier l’existence d’une LES dans chaque local concerné. Or, le plus souvent, cette LES n’est visible que sur une partie de son parcours, ce qui est tout à fait normal. Là où elle est visible, sa section ne doit pas être inférieure à 1,5 mm² en cuivre si protégé mécaniquement, ou 2,5 mm² en cuivre si non protégé mécaniquement.

 

Dans tous les cas, l’exigence B5.3.c impose que la résistance de continuité électrique entre les éléments conducteurs, entre les masses, et entre les éléments conducteurs et les masses soit ≤ 2 ohms. Le diagnostic s’effectuant sans démontage, la mesure de la continuité électrique de la LES est la seule façon de vérifier son existence lorsqu’elle n’est pas visible et donc de vérifier le respect de l’exigence B5.3.a. Par conséquent, là où il n’est pas demandé que la LES soit visible, les libellés d’anomalies B5.3.a et B5.3.c sont redondants.

 

La norme XP C 16-600 en vigueur demande que la LES soit visible au niveau :

  • des huisseries métalliques de porte et de fenêtre,
  • du corps métallique de la baignoire ou du bac à douche ;
  • de la vidange métallique de la baignoire ou du bac à douche ;
  • des canalisations métalliques de liquides et de gaz.

 

Lorsque la LES n’est pas visible au niveau des éléments ci-dessus, une mesure compensatoire est prévue, basée sur le respect simultané de deux conditions :

  • l’ensemble de l’installation électrique doit être protégée par dispositif différentiel à haute sensibilité 30 mA ;
  • de deux choses l’une :

Ø  ou bien l’élément, dont la liaison à la LES n’est pas visible, est « de fait » relié à cette LES ; cela se traduit par une résistance de continuité électrique inférieure à 2 Ohms entre cet élément et ceux effectivement reliés à la LES ;

Ø  ou bien l’élément, dont la liaison à la LES n’est pas visible, est « franchement isolé » de ceux effectivement reliés à cette LES ; ce qui se traduit par une résistance d’isolement supérieure à 500 kOhms.

 

Cette mesure compensatoire ne concerne ni les broches de terre des socles de prise de courant, ni les masses des matériels de classe I.

 

3. Les évolutions dans la norme XP C 16-600 à venir

 

Les experts du groupe d’études GE 16 de l’Union Technique de l’Electricité (UTE), qui ont élaboré en 2007 la norme expérimentale XP C 16-600, travaillent actuellement à son évolution. Les travaux tiennent compte des retours des premiers diagnostics.

 

Au plan de la liaison équipotentielle supplémentaire caractéristique de chaque local contenant une baignoire ou une douche, il est envisagé de préciser quels éléments métalliques ne nécessitent pas d’être reliés à la LES : ce sont tous ceux ne risquant pas de propager un potentiel dangereux, par exemple des porte-serviettes. L’exigence B5.3.c n’apparaîtrait plus en temps que telle, mais comme moyen de vérifier le respect de l’exigence B5.3.a. La mesure compensatoire B5.3.1 s’appliquerait lorsque la valeur de la résistance électrique serait supérieure à 2 ohms entre un élément devant être relié à la LES et uniquement :

·         les huisseries métalliques de porte et de fenêtre ;

·         le corps métallique de la baignoire ou du bac à douche ;

·         la vidange métallique de la baignoire ou du bac à douche.

 

Cette mesure compensatoire ne s’appliquerait donc plus aux canalisations métalliques de liquides et de gaz, comme c’est déjà le cas pour les broches de terre des socles de prise de courant, et les masses des matériels de classe I.

 

Pour en savoir plus, lire le guide « Installation électrique des logements existants - prévenir les risques encourus » de Promotelec, disponible sur le site www.promotelec. com.

 

Bruno Gendron

 

 
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