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Les diagnostiqueurs en parlent : l'incohérence de la méthode « sur factures »

Sur le forum, les diagnostiqueurs n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer l’emploi désormais obligatoire de la méthode dite « sur factures » pour les DPE des biens d’avant 1948.

 

Selon l'arrêté « DPE vente » du 8 février 2012, le DPE doit contenir par type d'énergie (chauffage, refroidissement et ECS) les quantités annuelles, calculées au moyen de la méthode conventionnelle, mais pour les biens d’avant 1948, le diagnostiqueur n’a plus le choix : l'énergie pour le chauffage et le refroidissement s'obtient avec les factures.

 

C’est la difficulté de modéliser le comportement thermique de beaucoup de biens anciens qui a conduit le législateur à imposer le relevé des consommations. Exit donc la « méthode de secours 3CL », comme la nomme "peb".

 

Des classes énergétiques incohérentes

 

Or la méthode sur factures trouve rapidement ses limites car elle contraint le diagnostiqueur à se baser sur  une consommation qui n'est que le reflet de la façon de vivre des précédents occupants. Résultat : des notes avec des consommations très différentes de la réalité et, bien souvent, des immeubles surclassés.

 

« Depuis 3 mois, j'essaye de faire les DPE uniquement sur factures, c'est impossible : actuellement sur 100 DPE faits depuis le début de l'année sur maisons avant 48, 15 ont des factures qui reflètent une certaine réalité », constate "asbestos".

 

 « J'ai déjà passé 3 jours avec un client à devoir négocier ses factures fuel sur une maison d’avant 1948, raconte pour sa part "CALL OF DUTY". 1700 litres à l'année, il ne chauffait pas l'étage, mais n'a pas voulu me le dire. Si bien que la maison à courant d'air était classé D, et impossible de remettre en cause sa bonne foi puisque le client avait les factures… »

 

Comparaisons impossibles

 

Chacun a déjà rencontré le cas malheureusement très courant du locataire incapable de payer sa facture de gaz ou d’électricité et qui se chauffe quand il peut, ou de la résidence secondaire dont les relevés de consommations témoignent de 50 ou 70 jours d’occupation par an, comme le rapporte "miclogan" : « le logement sors en A, avec des murs non isolés, des fenêtres SV, combles non isolés, etc… Cela me parait énorme de donner un DPE en A pour une habitation pareil ».

 

"Tadpol" s’insurge : « le DPE sur factures est une vaste supercherie. Le consommateur se retrouve à comparer des classements énergétiques calculés de manières différentes, ce qui revient à comparer des poireaux et des pommes de terre ».

 

Difficile en effet pour un propriétaire de valoriser des travaux réalisés dans un bâtiment ancien en l’absence de factures dans la nouvelle situation. Un cas rencontré par "nilau46" : « que faire lorsque le bâtiment aura fait l'objet d'une restructuration complète, avec ITI, plancher et plafond isolés, menuiseries PVC, VMC hygro, plancher chauffant etc. Mais...pas de factures disponibles ? », s’interroge-t-il.

 

Nombreux sont ceux qui pensent qu’un commentaire explicatif s’impose dans leur DPE. "Tadpol" est de ceux-là : « il faut une mention systématique sur le fait que la consommation prise en compte dépend exclusivement de la façon de vivre et d'occuper le bien des anciens occupants ».

 

Davantage de travail

 

Dans ces conditions, la récupération des consommations d’énergie devient fastidieuse. Comme l’explique "Marty", « le nouveau DPE nécessite davantage de travail, car nous devons trouver nous-même les consommations d'énergie pour que nous puissions faire notre travail correctement sans quoi nous allons avoir une forêt d'étiquette vierge dans vos vitrines ».

 

Avec des conséquences sur les relations avec les propriétaires. "Abestos", avoue commencer à être « traumatisé par le DPE sur factures et le rôle de fouille m..e que l'on va nous faire jouer avec les remarques que l'on mettra pour se justifier ».

 

« Il fallait s’y attendre, dit en substance "Pascal85". Les effets "pervers" étaient déjà supposés apriori : factures volontairement introuvables, factures anormales, année de construction sans preuve, etc. ».

 

Résultat, quelques-uns, comme "Tadpol" par exemple, suggèrent de « jouer sur le caractère déclaratif de la chose et laisser au donneur d’ordres la responsabilité de dater son bâtiment qui, comme par hasard, sera daté de 1949 ».

 

Et beaucoup, pour obtenir un résultat plus conforme à la réalité, sont tentés de prendre quelques distances avec les textes en utilisant tout de même la méthode 3CL quelque soit la date du bien…

 

Agir en contravention avec la réglementation afin de mieux l’appliquer : telle est l’étonnante situation dans laquelle se trouvent les diagnostiqueurs depuis quelques semaines.

 

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Mise en ligne le vendredi 5 juillet 2013

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