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Lionel Janot : « Quelques motifs de satisfaction et encore beaucoup de questions »

Le président de la FIDI se montre prudent sur le projet de réforme de la certification qui satisfait plusieurs des demandes formulées depuis 2014 par la FIDI, mais élude ou néglige selon lui des questions pratiques incontournables.
 
Lionel Janot, le projet de réforme présenté ces dernières semaines suscite de nombreuses réactions au sein de la profession. Comment la FIDI accueille-t-elle ce projet ?


Globalement, nous sommes satisfaits que cette réforme voie le jour et des directions générales qu’elle prend. Nous regrettons en revanche la précipitation dans laquelle elle semble se mettre en œuvre, peut-être pour répondre aux enquêtes d’UFC-Que Choisir. Or pour que le dispositif soit véritablement adapté à nos pratiques professionnelles, il doit être ancré dans nos réalités de terrain : nous craignons en ce moment qu’il s’en éloigne. Nous n’avons d’ailleurs pas pu avoir accès au projet de texte pour le moment, ce qui est très dommageable. C’est pourtant dans une logique constructive que, dès 2014, la FIDI avait mis en place un groupe de travail sur ce sujet et formulé des propositions concrètes.


Quelle est la position de la FIDI sur les grandes lignes du projet ?


Nous sommes mitigés. Il y a bien sûr des motifs de satisfaction, comme l’allongement de la durée du cycle de 5 à 7 ans ou la suppression de l’examen théorique lors de la recertification qui ne présentait pas un grand intérêt pédagogique et ne permettait pas une remise en question du professionnel. En revanche, conserver l’examen pratique, alors même qu’un contrôle sur ouvrage global aura été réalisé dans le cycle des 7 ans, ne nous parait pas pertinent. 


Nous sommes satisfaits également par la mise en place d’une certification des organismes de formation car, dès lors que l’obligation de formation se renforce pour les diagnostiqueurs, nous devons en effet nous assurer qu’elle soit mieux adaptée à leurs besoins et à leur niveau de compétence et d’expérience. Aujourd’hui, la qualité des formations disponibles sur ce marché est trop hétérogène.


Quant au contrôle sur ouvrage global, nous émettons des réserves sur son application pratique qui s’annonce complexe en raison de la grande diversité des situations. Nous sommes certes favorables à la formule du « a priori » qui nous parait plus logique que l’ « a posteriori » où il s’agit d’auditer sur des dossiers déjà terminés. La réalisation d’un contrôle sur une situation présente peut initier des échanges bien plus constructifs avec l’auditeur. Mais beaucoup de questions se posent sur la mise en œuvre concrète de cette opération qui doit inclure tous les domaines entrant dans le champ de certifications du professionnel, ce qui implique de trouver des journées dans son planning qui permettent de faire l’ensemble des missions. D’autre part, beaucoup de diagnostiqueurs n’ont pas tous leurs certificats dans le même organisme*.


Qu’en est-il du coût global du dispositif ?


Les pouvoirs publics nous expliquent qu’un cycle de certification ne coutera pas plus cher, sans toutefois nous en faire la démonstration, ni nous fournir la moindre étude d’impact. Avec l’extension de la formation continue, que les organismes de financement ne pourront pas prendre entièrement en charge, ainsi que le contrôle sur ouvrage global, il est pourtant évident que les coûts vont augmenter. Or ils devront être répercutés sur les prix de nos prestations, nous n’aurons pas le choix.


Mais rappelons que l’objectif des pouvoirs publics est d’accompagner la montée en compétence des diagnostiqueurs et nous constatons une nette amélioration de la qualité des diagnostics depuis la mise en place de la certification en 2007. Nos objectifs sont rigoureusement les mêmes, et la FIDI est le seul syndicat qui rassemble les indépendants, les réseaux, les sociétés régionales ou nationales, pour apporter des contributions concrètes sur la base de remontées terrains ou d’expériences avec le recul nécessaire. Encore une fois, avec une vraie concertation l’objectif pourrait être atteint. Il n’est pas encore trop tard !

 

 [*] Selon une étude réalisée par DiagActu en septembre 2007,11% des diagnostiqueurs détiennent des certifications délivrées par deux organismes différents et 1%, par trois organismes.

 

La FIDI interviendra lors d’une table-ronde consacrée au projet de réforme de la certification organisée par DiagActu lors des RVDI, jeudi 29 mars (10h45).

Mise en ligne le mercredi 28 mars 2018

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