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Fiabilisation du DPE : les mesures préconisées par les diagnostiqueurs (1/2)

Amélioration de la méthode de calcul 3CL, modèle unique de rapport, meilleure information du grand public, baisse du coefficient de conversion de l’électricité… : ce que demandent les diagnostiqueurs.


428 diagnostiqueurs ont répondu à la consultation lancée (23 au 28 janvier) par DiagActu dans le cadre de la concertation sur la réforme du DPE. Au-delà de l'expression d'une certaine inquiétude au sujet du projet de rendre opposable le diagnostic, les diagnostiqueurs ont livré à DiagActu leur avis sur les grandes lignes de la réforme en cours et apporté de nombreuses propositions d'amélioration du DPE.

 

Ainsi, 85% d’entre eux estiment nécessaire d’améliorer l’information du grand public sur le DPE. Ils sont 60% à penser qu’il faut une méthode de calcul unique pour tous les bâtiments, au moins ceux d’habitation. Pour le tertiaire, la méthode sur factures pourrait être conservée.

 

Globalement, la méthode de calcul conventionnel doit-elle être améliorée ? « Oui », répondent 64% des diagnostiqueurs interrogés. 66% estiment qu’il faut développer les algorithmes du calcul 3-CL et 80% des professionnels veulent une base de données des recommandations enrichie et améliorée.


En revanche, les diagnostiqueurs sont majoritairement opposés (56%) à l’idée d’interdire la réalisation des DPE vierges.


Des logiciels encore pointés du doigt


D’autre part, l’amélioration du contenu des rapports n’est pas une mesure prioritaire. 55% des diagnostiqueurs ne l’estiment pas nécessaire. Mais 70% sont favorables à un modèle unique de rapport.
Malgré la procédure de validation des logiciels, 73% des diagnostiqueurs interrogés pensent qu’il faut encore améliorer leur fiabilité.


Près de deux professionnels sur trois estiment qu’il faut améliorer la formation continue des diagnostiqueurs sur le DPE (63%) et la formation initiale (62%).


Enfin, une courte majorité des diagnostiqueurs déclarent ne pas utiliser les guides « Inspection sur site » et « Recommandations » pour la réalisation de leurs DPE (54%).

 

« Il faut appliquer la méthode 3CL à tous les biens, « qu'ils soient collectifs ou individuels avant ou après 1948 »


« Il faut si possible imposer la méthode 3CL de façon systématique (sauf pour les bâtiments tertiaires et industriels pour ceux qui ont la mention) car il est souvent difficile de récupérer les consommations d'une part et certains diagnostiqueurs profitent de la méthode des factures pour casser les prix et pour survoler la prestation (ne font pas tous les relevés nécessaires), écrit un diagnostiqueur installé dans les Yvelines.


L’un de ses confrères basé dans le même département est sur la même ligne. Il propose lui-aussi d’appliquer la méthode 3CL à tous les biens, « qu'ils soient collectifs ou individuels avant ou après 1948. Pour les commerces ou bureaux, garder la méthode 'des factures' pour prendre en compte les éléments annexes comme chambres froides, serveurs informatiques ou autres ».


« Le DPE 3CL est très fiable quand il est réalisé correctement et est rarement remis en question par les clients quand il est expliqué, renchérit un diagnostiqueur d’Hasparren (64). Effectivement les clients regardent souvent en premier les lettres du classement et sont souvent déçus, mais quand on leur montre l'analyse de résultat en KW/H et en euros ils approuvent le résultat ».

 

« La complexité des relevés en 3CL n'apporte pas de bénéfice remarquable par rapport au relevé qui se faisait avant l'étendue des points de contrôles »


Certains diagnostiqueurs estiment que les bénéfices de la nouvelle méthode du DPE version 2013 sont loin d’être évidents. 

 

« La complexité des relevés en 3CL n'apporte pas de bénéfice remarquable par rapport au relevé qui se faisait avant l'étendue des points de contrôles (masques des fenêtres entre autres), écrit par exemple un professionnel basé dans le Val-de-Marne. Cela double facilement de temps de relevé et de saisie pour arriver à un résultat quasiment identique. Il faudrait simplifier la 3CL (revenir à la méthode précédente) et améliorer la cohérence des résultats entre les divers types de bâtiments ».


Un diagnostiqueur francilien suggère que « la frontière de 1948 entre DPE factures et méthode conventionnelle pourrait être ramenée aux années 1930, (si le DPE factures est conservé) au moment des 1ères constructions soi-disant modernes en béton et ciment ».


Un autre professionnel de Villemomble (93) propose d’améliorer l’algorithme de calcul « par une définition plus fine et plus complète des matériaux et systèmes constructifs ».


« Ne serait-il pas envisageable d’intégrer dans chaque DPE une étiquette énergétique conventionnelle et une seconde sur consommations réelles ? », se demande un diagnostiqueur breton qui juge également pertinent d’ « intégrer dans le calcul le type d’isolant (laine de verre, polystyrène...) ayant des performances propres même si nous avons déjà la possibilité de faire des recherches complémentaires, mais l’automatiser au niveau de la saisie ».

 

« Le facteur 2.58 [imposé à l’électricité] rend les immeubles récents plus énergivores que les immeubles non isolés des années 60 »


Un professionnel de Colombey-les-Belles (54) estime qu’il faut « donner plus de possibilités dans les gestions des différents types d'énergies (solutions alternatives, différents modes de chauffes en fonction des habitudes des consommateurs, etc...) ». D’autre part, selon lui, « l'intégration des ouvrants par unité et par pièce et vraiment chronophage, il serait intéressant de trouver un système plus rapide de prise en compte ».

 
La forte pénalisation de l’électricité revient souvent dans les commentaires des diagnostiqueurs. Ce professionnel de Bourgoin Jallieu (38) suggère ainsi aux pouvoirs publics d’être « attentifs » à la mauvaise classification des logements chauffés électriquement. « Les logements chauffés électriquement sont toujours plus mal classés, ce qui pose de gros problème de compréhension de la part des professionnels (agence, notaire, gestionnaire de biens) », explique-t-il.


« La différence d'étiquette énergie entre les DPE (3CL) en électricité et les autres combustibles n'est pas compréhensible par les gens, confirme un diagnostiqueur de la région parisienne. Le facteur 2.58 rend les immeubles récents plus 'énergivores' que les immeubles non isolés des années 60 (et pire en collectif) ! De plus, si cette note est utilisée par les pouvoirs publiques pour des facilitées de prêt ou autre, on arrive à des aberrations. »


Même constat pour ce diagnostiqueur basé à Voulangis (77) : « il faut arrêter de pénaliser l'électricité, le gaz le fioul n'arrive pas par magie chez vous (pipeline, méthanier, etc.) avec le coef de 1 ».


« L'idée d'interdire les DPE vierges, tout en maintenant l'obligation de réaliser certains DPE sur factures, est tout à fait illusoire »


« Le DPE vierge ne devrait pas être possible, le client ne comprend pas que l'on puisse facturer quelque chose sans résultat, écrit un diagnostiqueur Niortais (79). Un de ses confrères basé à Marville (55) est d’accord. « Un DPE vierge est totalement farfelu et non compris pas 90% des clients que l'on va facturer, observe-t-il lui aussi.


« Il serait plus adéquat de pouvoir prendre en compte le prix en euros des charges de chauffages et de production d'ECS concernant le chauffage collectif, propose un professionnel exerçant à Saint-Didier-en-Velay (43). Cela réduirait considérablement le nombre de DPE vierges ».


Mais ils font plutôt partie d’une minorité au sien de leur profession. Beaucoup de leurs confrères estiment que l’étiquette s’impose dans différentes situations.


Interdire les DPE vierges ? « Illusoire », selon un diagnostiqueur Parisien. « Je suis diagnostiqueur à Paris, j'effectue donc beaucoup de DPE sur factures. L'idée d'interdire les DPE vierges, tout en maintenant l'obligation de réaliser certains DPE sur factures, est tout à fait illusoire. Beaucoup de propriétaires n'ont aucun moyen de mettre la main sur les factures de leurs locataires déjà partis, et certains logements sont inoccupés depuis plusieurs années. Une solution serait d'autoriser la réalisation d'un calcul conventionnel même pour les logements qui nécessitent aujourd'hui un DPE sur factures. Cela permettrait que le DPE ne soit jamais vierge. Le résultat serait certes peu fiable, mais tout de même plus fiable que le résultat d'un DPE sur factures dans un logement occupé 6 mois sur 12 par exemple ».


Un de ses confrères basé à La Rivière-de-Corps (10) estime que « le DPE vierge doit rester pour le cas des maisons secondaires < 1948 voire 1980 ou très peu chauffée parce occupé partiellement ... Une mamie qui habite seule 300 m² ne chauffera pas de la même façon qu'une famille avec 3 enfants : le nombre d'occupant devrait être indiqué en référence... ».


« Il ne faut pas interdire les DPE vierges, mais plutôt revenir à la formule précédente qui nous permettait dans certains cas la méthode 3CL si absence de factures ou si les consommations ne sont pas cohérentes », propose un autre diagnostiqueur Parisien.

 

« Les syndics ne jouent pas souvent le jeu, et bien des demandes restent sans réponse »


Pour beaucoup de diagnostiqueurs, la récupération des données reste une difficulté quotidienne. Un professionnel (anonyme) suggère de « créer, chez les fournisseurs d'énergie, un service dédié aux diagnostiqueurs, qui aurait l'obligation de transmettre les factures de consommations ».


Un diagnostiqueur savoyard a sensiblement la même idée : « même si un bien est inoccupé, serait-il possible d'obtenir des consommations auprès des fournisseurs d'énergie (site internet collectif à destination de tous les professionnels identifiés) ? ».


C’est aussi auprès des syndics qu’il convient d’agir selon beaucoup de diagnostiqueurs. « En chauffage collectif, les syndics et autres prestataires devraient avoir l’obligation d’indiquer dans le relevé de charges annuelles les quantités d’énergie », estime par exemple ce professionnel basé à La Garenne-Colombes (92).


Un de ses confrères des Yvelines s’interroge : « comment fait-on quand on n'arrive pas à obtenir les consommations (cas de la méthode factures) et surtout exprimées en kwh... Les syndics ne jouent pas souvent le jeu, et bien des demandes restent sans réponse ».


Il faudrait « obliger les syndics de copropriété à afficher les caractéristiques des chaudières collectives (puissance, année d'installation, accumulation et combien de litre, type d'ECS collective (ballon, chaudière, panneaux solaire...)) ainsi que la superficie de l'immeuble visible et accessible pour tous sans avoir à braquer les chaufferie comme un gangster… », écrit un professionnel de Villeneuve-Loubet (06).


« Le cœur du DPE est la qualité des recommandations et non les étiquettes »


« Le cœur du DPE est la qualité des recommandations et non les étiquettes », écrit ce diagnostiqueur Perpignanais (66). C’est pourquoi, il suggère que « la qualité des recommandations devrait pouvoir être évaluée de façon à éliminer toute recommandations sans intérêt. Plusieurs scénarios cumulant différentes améliorations devraient être proposés pour permettre de visualiser leur efficacité ».


Mais l’amélioration de la pertinence des recommandations passe par une meilleure formation des diagnostiqueurs, selon certains. « Pour améliorer les recommandations, il faut améliorer la formation, appuyer davantage sur la technologie des équipements et méthodes constructives », écrit par exemple un diagnostiqueur de l’Essonne. Idem pour son confrère de Gabarret (40) pour qui il faut améliorer les recommandations spécifiques aux bâtis anciens par la formation adaptée des diagnostiqueurs dans ce domaine.

 
Les diagnostiqueurs sont majoritairement favorables à la définition  d'un modèle unique de rapport. « Un rapport unique dans le fond et la forme pour l'habitation serait une excellente chose, écrit un diagnostiqueur qui exerce dans les Pyrénées-Orientales. Pour les bâtiments autre que d'habitation un rapport spécifique serait bien entendu requis compte tenu que la cible de ces bâtiments n'est pas forcément la qualité de l'enveloppe mais souvent l'activité hébergée qui détermine le niveau de consommation énergie et GES. »


Un de ses confrères basé à Ordonnac (33) est sur la même ligne : « une méthode unique 3CL et un seul type de rapport pour l'habitation en location ou vente quelle que soit l'année de construction ». Idem à Annemasse (74) : « pour moi, il faudrait un unique rapport pour les biens à usage d'habitation. La distinction vente / location n'a pas de sens ».


« Le rapport doit être plus clair et compréhensible pour l'acheteur »


« Pour le contenu des rapports, seules les étiquettes intéressent les clients, les enrichir ne sert à rien ou éventuellement ajouter le schéma du bien avec ses déperditions, estime un diagnostiqueur francilien.


Même sentiment à Dardilly (69), où l’un de ses confrères pense que le rapport doit être « plus clair et compréhensible pour l'acheteur. L'accent doit être plus porté sur la consommation à la personne et non pas au local. En effet, trop souvent les consommations d'un couple de retraités (souvent absents) ne sont pas les mêmes qu'une famille de 5 personnes avec des enfants en bas âges. Cette situation entraine automatiquement des tensions et nous oblige à des explications longues et pas forcément comprises par les acquéreurs ».


Il faut donc simplifier le contenu des rapports. Mais certains professionnels, comme à Audenge (33),  proposent par exemple d’ « améliorer la page descriptif technique des rapports sur 'consommations réelles'. Pour ces mêmes rapports avant 48, dissocier selon le mode constructif, si la méthode des 'consommations estimées ne pourrait être appliquée ». Un de ses confrères basé à Hillion (22) estime indispensable que « le rapport soit plus fourni en informations sur le comportement du bâti/chauffage ».

 

« Il faut donner plus d’information au particulier sur la réalisation, le contenu du DPE… »


Il s’agit de la mesure la plus largement réclamée par les diagnostiqueurs. « L'amélioration de l'information DPE pour le grand public pourrait être aidée par l'indication du type de chauffage dans les annonces en complément des étiquettes, qui ne servent à rien si elles sont seules et sans explication », estime par exemple un diagnostiqueur de Beaufou (85).


Parmi bien d’autres, un diagnostiqueur de Saône-et-Loire le confirme, « il faut donner plus d’information au particulier sur la réalisation, le contenu du DPE et l’explication de la différence des systèmes de chauffage et surtout l’électricité ».


L’information doit aussi concerner les tarifs, selon d’autres professionnels. « Il faut lutter par tous les moyens possibles contre les diagnostiqueurs qui font des DPE par téléphone à 40 euros, écrit ce diagnostiqueur de la région Lyonnaise. Un barème officiel de DPE par type de logement serait probablement appréciable, accompagné d'une campagne d'information très large afin que le client ne puisse pas dire qu'il n'est informé du caractère très risqué de faire appel à un margoulin du diagnostic ».

 

Fiabilisation des logiciels, prix de vente des DPE, formation, contrôles… : les autres propositions des diagnostiqueurs seront publiées vendredi.

Mise en ligne le vendredi 15 février 2019

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