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Une perte de CA de 53% en moyenne au mois de mars pour les diagnostiqueurs

71% des chefs d’entreprises de diagnostic immobilier déclarent une perte de chiffre d’affaire supérieure à 50% sur le mois de mars 2020 par rapport à celui de 2019. L'impact de la crise sanitaire sur les diagnostiqueurs devient alarmant.


La crise économique préoccupe fort logiquement les chefs d’entreprises de diagnostic immobilier. Selon notre sondage réalisé entre le 1er et le 4 avril auprès de 591 chefs d’entreprises de diagnostic immobilier, 55% d’entre eux se disent en effet inquiets pour la pérennité de leur structure, un sentiment exacerbé par l’absence de visibilité sur la durée de la crise.


47% des diagnostiqueurs pensent néanmoins détenir suffisamment de trésorerie pour passer la crise, tandis que 24% estiment d’ores et déjà qu’ils ne disposeront peut-être pas des ressources financières suffisantes. 29% préférant ne pas se prononcer sur ce point, toujours là-aussi en l’absence de visibilité sur la période d’inactivité. « La durée de la crise n'étant pas connue et les conditions de reprises non plus, il est difficile de savoir si la trésorerie suffira et si l'entreprise survivra... », confirme un diagnostiqueur basé près de Strasbourg. « Mon entreprise est jeune (2 ans), écrit un de ses confères installé dans le département de la Loire-Atlantique, j'ai fait en sorte d'avoir 3 mois de trésorerie d'avance afin de faire face aux imprévues et pouvoir investir dans le cadre d'un recrutement. Je crains d’avoir des difficultés à remonter ma trésorerie après la crise ».


Autre enseignement important de notre sondage, la perte en moyenne de chiffre d’affaire sur le mois de mars pour les diagnostiqueurs frise les 53%. 71% des entreprises de diagnostic immobilier déclarent une perte de chiffre d’affaire supérieure à 50% sur ce mois de mars 2020 par rapport à celui de 2019 qui s’était avéré plutôt bon pour beaucoup d’acteurs de la filière, ce qui peut expliquer cette perte déclarée assez massive.


Plus 90% des salariés de notre filière actuellement en chômage partiel


63% des diagnostiqueurs envisagent d’ailleurs de déposer une demande pour bénéficier du fonds de solidarité. Un chiffre qui devrait toutefois augmenter à la suite de l’officialisation, vendredi 3 avril, de la décision du gouvernement d’abaisser à 50% (au lieu de 70%) le seuil de perte de chiffre d'affaires sur le mois de mars pour pouvoir prétendre au bénéfice de l'aide d'un montant minimum de 1500 euros. Malheureusement, certaines entreprises, pourtant de petite taille, n’entreront sans doute pas dans le dispositif. « Entreprise en croissance, la comparaison de perte du CA par rapport à l'année précédente ne me permet pas de faire la demande de fonds de solidarité et pourtant prendre dans la trésorerie pour se verser des salaires n'aiderait pas l'entreprise non plus », s’inquiète ce diagnostiqueur installé à Valenciennes. Pour son confrère de la Haute-Garonne, même impossibilité de percevoir l’aide du fonds de solidarité pour le mois de mars : « Etant en début d'activité (deux ans) les chiffres de 2019 n'étaient pas élevés donc je ne rentre pas dans le cadre de l'aide de 1500€ ! ».


Quant au mois d’avril, il est lui aussi fortement compromis, la plupart des professionnels en ont bien conscience. « Le mois de mars a été très impacté, mais l'activité c'est poursuivi environ une semaine après le début du confinement. Solo, j'ai continué à honorer les rdv et assurer quelques dépannages. Avril sera mort, vide, avec un CA à 0 très probablement », estime par exemple ce diagnostiqueur basé dans le département de Loir-et-Cher. Même constat pour un de ses confrères varois : « Il ne faudrait pas que la crise dure au-delà de la fin du mois d'avril (ce qui correspondrait déjà à un mois et demi de CA quasi nul) car cela risquerait de mettre nos petites entreprise en grandes difficultés. Ceci étant gardons espoir, et respectons le confinement pour que ces pertes de CA soient utiles d'un point de vue sanitaire. » Quant à ce professionnel ardéchois qui prévoit « -90% du CA en avril », il pointe l’attitude actuelles de certaines banques : « je tente de déposer une demande de prêt de trésorerie, mais c'est au bon vouloir des banques qui ne suivent pas les directives de l'Etat ». Un « scandale ! » s’exclame-t-il.


Et beaucoup d’inquiétude


39% des chefs d’entreprises ayant répondu à notre sondage emploient un ou plusieurs salariés. Or 85% d’entre eux ont fait une demande chômage partiel, tandis que 10% l’envisagent encore.


Ce sont ainsi plus 90% des salariés de notre filière qui sont actuellement en chômage partiel. On mesure donc l’enjeu pour l’ensemble de la filière de conserver le bénéfice de la prise en charge par l’Etat de ce chômage partiel. « J'ai mis mes 2 employés en chômage partiel, depuis 2 jours, je ne suis même pas sûr que ce soit accepté, s’inquiète un diagnostiqueur installé en Dordogne. En tant que gérant je n'ai droit à aucune aide. Du coup je travaille seul même si j'ai peu de rdv. Après si l'Etat avait donné le droit à un arrêt de travail ou à une indemnité, je serai resté chez moi. »


Un de ses confrères du département du Gard pointe la responsabilité des pouvoirs publics et des fédérations de diagnostiqueurs. « Entre le manque de clarté des consignes gouvernementales et la position des deux syndicats représentatifs, la profession a été mise dans une situation de laquelle il sera très difficile de sortir, en effet on nous demande d'arrêter totalement notre activité et nos dossiers de chômage partiel sont refusés par la DIRECTE. »


Cependant, sur le long terme, ces emplois ne semblent pas massivement remis en cause malgré la crise puisque « seuls » 10% des employeurs déclarent envisager des licenciements. Un chiffre qui doit cependant alerter ces mêmes pouvoirs publics et fédérations professionnelles sur de nombreuses situations qui pourraient s’avérer dramatiques. Comme celle de ce diagnostiqueur basé à Gray (70) : « Si la crise dure plusieurs mois je me verrais dans l'obligation de licencier ma salariée et d'arrêter mon entreprise ». « Si la crise dure au-delà du mois d'avril et qu'il n'y a plus de travail, c'est ce que nous ressentons en ce moment, je pense que des mesures de licenciements pourraient être envisagées, estime un professionnel basé à Clamart (92). Il faut reprendre au plus tard début mai ou que le gouvernement assume, comme il a été dit et qu'il débloque des fonds pour couvrir la globalité des salaires. Sinon nous mettrons la clé sous la porte et il y aura des liquidations, N'oublions pas que le gouvernement s’est engagé à ce qu'il n'est aucune faillite ! ».


Les diagnostiqueurs « solos » semblent les plus angoissés pour la pérennité de leur structure. Ce professionnel installé près de Lyon se dit même « dégouté ». Selon lui, « seuls les gros cabinets avec des salariés au chômage partiel s'en sortiront. Nous, les indépendants, allons énormément souffrir voire pour certains mourir pour la bien-pensance de la classe politique qui n'a cure de nos petites exploitations... ».

 

Mise en ligne le lundi 6 avril 2020

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