3 QUESTIONS À NICOLAS PAILLART Interview
Ancien maçon dans la région bordelaise, Nicolas Paillart vient d’achever sa reconversion dans le diagnostic immobilier et s’apprête à débuter comme salarié. Il revient pour Diagactu sur son parcours, son ressenti sur la formation et la certification, ainsi que sur son état d’esprit avant ses premiers pas sur le terrain.
Le diagnostic immobilier est majoritairement un métier de reconversion et vous en êtes l’illustration. Quel a été votre parcours avant de faire ce choix ?
J’ai 41 ans et je suis basé à Cadaujac, près de Bordeaux. J’ai fait toute ma carrière dans le secteur du bâtiment, plus précisément dans la maçonnerie, avec une spécialisation dans la construction de maisons individuelles. J’y ai passé près de vingt ans, d’abord dans l’entreprise de mon oncle, la SARL De-Sa João et fils, avant d’être recruté, avec mon cousin, par Aquitaine Habitat, un constructeur de maisons individuelles. Malheureusement, avec le ralentissement de l’activité dans la maison individuelle, j’ai subi un licenciement économique.
C’est à ce moment-là que j’ai décidé de saisir l’opportunité d’une reconversion professionnelle. Au départ, je pensais même quitter complètement le bâtiment. Mais, dans le cadre de mon accompagnement après licenciement, on m’a aidé à faire ressortir mes compétences et mes qualités. Le diagnostic immobilier est apparu comme un métier cohérent avec mon parcours. C’était une façon de valoriser mes connaissances techniques, tout en évoluant vers une activité moins pénible physiquement. Il faut aussi penser à la santé et à la suite de la carrière. J’ai découvert ce métier, je m’y suis intéressé de près, puis j’ai réalisé une immersion d’une semaine auprès d’un diagnostiqueur indépendant. Cette expérience a vraiment conforté mon choix.
Quel regard portez-vous sur votre formation et sur le passage des certifications ?
J’ai beaucoup avancé par moi-même dans mes recherches. Je voulais absolument une formation avec du présentiel, parce que je viens d’un univers très terrain et que je tenais à avoir un vrai contact humain avec le formateur. Finalement, je me suis orienté vers le CFDI, à Cenon, dirigé par Bernard Amblard, un ancien diagnostiqueur. J’ai beaucoup apprécié son écoute, sa bienveillance et son approche.
La formation a duré quatre mois. Honnêtement, je l’ai trouvée très dense. Nous étions 17 dans la session, avec des profils très différents, certains venant du bâtiment, d’autres d’horizons complètement éloignés. Mais le ressenti était partagé : tout le monde a trouvé le rythme soutenu. On enchaîne des modules très techniques, avec énormément de connaissances à assimiler en peu de temps. Il fallait s’accrocher et s’investir à 100 %. De mon côté, je révisais tous les soirs et aussi le week-end. Cela a représenté une vraie charge de travail personnel.
Sur les certifications, j’ai tout passé, y compris les mentions, puisque le financement le permettait. Avec le recul, je comprends mieux pourquoi beaucoup de professionnels expliquent qu’il faut déjà une bonne expérience terrain avant d’aller sur certains sujets plus techniques. Mais j’ai préféré saisir l’opportunité tant qu’elle existait. J’ai obtenu toutes mes certifications du premier coup, à l’exception d’un cas pratique en DPE mention que j’ai dû repasser quelques semaines plus tard.
Dans quel état d’esprit êtes-vous avant de débuter cette nouvelle carrière ?
Je suis à la fois motivé et prudent. J’ai préféré m’orienter vers le salariat pour parfaire ma technique, acquérir de vrais réflexes terrain et monter progressivement en compétence sur les aspects juridiques et réglementaires. C’est un métier dans lequel on ne peut pas se permettre de se tromper.
J’ai échangé avec d’autres personnes de ma promotion, y compris certaines qui se sont lancées directement. Pour ma part, je préfère être encadré dans un premier temps, avec un tuteur et un accompagnement solide. C’est ce qui m’a conduit à rejoindre le cabinet Expert Habitat à Lormont. J’ai choisi cette entreprise pour son état d’esprit familial, avec un accompagnement progressif. L’intégration prévoit une phase de tutorat d’environ un mois à un mois et demi, avant une montée en autonomie progressive. C’est rassurant, et c’est aussi ce que je recherchais.
Aujourd’hui, je suis surtout impatient de commencer. J’ai conscience que je vais encore beaucoup apprendre sur le terrain, mais je me sens à ma place dans ce choix de reconversion.
Vous avez une information à nous transmettre, un témoignage à nous relayer, ou une idée d’article ?
Contactez la rédaction de Diagactu !







