RETOUR D'EXPÉRIENCE : REPÉRAGES SACRÉS POUR UN LIEU DE CULTE PLOMBÉ ET AMIANTÉ Interview
À Granville, l’imposante église Saint-Paul fait l’objet d’un vaste projet de rénovation. Avant les travaux, la société Fontaine expertise diagnostic a été missionnée pour réaliser les repérages amiante et plomb. Un chantier atypique pour l’entreprise manchoise, habituée de l’avant-travaux, qui a dû mobiliser une méthodologie millimétrée pour intervenir dans ce monument aux multiples strates historiques.
Avec 1 928 m² de surface environ, une nef très haute, des fresques, des vitraux et une extension paroissiale datant des années 1960, l’église Saint-Paul à Granville a fait l’objet de repérages amiante et plomb d’envergure : « Il fallait une stratégie spécifique. On a commencé par une première cartographie sur plan avant d’adapter la méthode sur le terrain. Nous avons également dû faire une analyse documentaire préalable, regarder le programme des travaux fourni par le donneur d’ordre afin de voir où et quand intégrer nos investigations », explique Benjamin Fontaine, gérant de la société. Plusieurs techniciens certifiés sont ensuite intervenus pour effectuer mesures et repérages, selon des abaques précis déterminant le nombre de prélèvements nécessaires. « Sur ce type de mission, les rapports relèvent de l’ingénierie. On doit faire des croquis plus poussés, plus détaillés avec du zonage et des superpositions de données », détaille le gérant. Pour accéder aux voûtes et enduits, l’équipe a utilisé une nacelle araignée, manœuvrée à l’intérieur du bâtiment après obtention d’un arrêté de voirie pour la laisser pénétrer dans les lieux.
L’amiante, pas le plus gros pôle d’expertise
Si l’amiante est rarement présent dans les matériaux ou produits d’origine constituant cet édifice religieux, les rénovations des années 1930 à 1990 changent la donne. « Des fibres d’amiante ont été détectées dans des enduits récents, dans les colles de carrelage et même sur une partie de la toiture alors que généralement cette dernière est en ardoise naturelle », indique Benjamin Fontaine. Chaque matériau ou produit susceptible de contenir de l’amiante a fait l’objet d’un prélèvement encadré par un mode opératoire strict et avec port obligatoire des EPI adéquats : « On pense aux EPI pour se prémunir de l’amiante, mais le risque d’exposition au plomb ne devait pas être sous-estimé non plus. »
Le plomb, la grande spécificité du site
Vitraux, fresques, mosaïques, sols, mobilier : le plomb est omniprésent dans l’église. Ex’im 50 a réalisé un repérage approfondi mêlant mesures d’empoussièrement, machine fluorescence X et lingettes surfaciques analysées ensuite en laboratoire. « On devait être extrêmement précis, surtout pour éviter des surcoûts de nettoyage ou les arrêts de chantier dans le futur », souligne le directeur. Les cartographies détaillées, avec zonages différenciés selon les concentrations, ont mis en évidence des niveaux très élevés, parfois 40 fois supérieurs au seuil. De quoi imposer des protections strictes pour l’équipe et orienter finement les futures opérations de dépollution. Après un premier nettoyage, Ex’im 50 a été missionnée pour refaire les mesures à l’issue du nettoyage afin de vérifier que la pollution au plomb était résolue. Autre point particulier, des lingettes surfaciques extérieures ont aussi été utilisées car le risque de pollution auprès du public extérieur était fort : « Dans le cadre de travaux de rénovation dans une autre église, l’inspection du travail avait arrêté le chantier à cause de mesures plomb qui n’avaient pas été faites à l’extérieur de l’édifice. Ce qui n’est pas sans rappeler, les mesures de concentration au plomb en extérieur qui ont été effectuées sur le parvis durant toute la durée du chantier de réhabilitation de Notre-Dame de Paris.
Une expertise qui ouvre la voie à d’autres chantiers
Fort de cette expérience, et alors que d’autres missions dans des lieux de culte (une église en Loire-Atlantique, une chapelle en Ille-et-Vilaine) avec le renfort de la société Diags 35 (Ex’im 35) dont Benjamin Fontaine est aussi le gérant, Ex’im 50 est désormais lancée dans d’autres consultations en cours. « Ça se développe. Je n’aurais jamais imaginé me lancer dans ce type de prestation il y a encore quelques années. Grâce à mon équipe, soucieuse de mener à bien ce type de projet, les différents acteurs de ce milieu très spécifique semblent satisfaits de nos réalisations », souligne le directeur. En effet, au-delà de la minutie du repérage, intervenir dans un lieu de culte impose aussi une adaptation constante : « Dans une autre église encore ouverte au public, il a par exemple fallu composer les repérages avec les offices, messes, mariages… c’est très spécifique. » Une expertise rare qui conforte l’entreprise dans cette voie.
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