SIDIANE SE FIXE UN NOUVEAU CAP, DENIS MORA DÉTAILLE LA FEUILLE DE ROUTE Profession
Quatre ans après sa création, Sidiane fait évoluer son organisation afin de renforcer la représentation du diagnostic immobilier. Désormais structurée sous une nouvelle forme, la fédération s’appuie aussi sur un nouveau binôme de dirigeants avec l’élection d’Olivier Héaulme à la présidence et la nomination de Denis Mora au poste de délégué général.
Après avoir quitté la direction d’AC environnement, vous avez disparu des radars pendant près de trois ans. Pourquoi ce retour aujourd’hui ?
J’avais besoin de prendre du recul. J’ai souhaité arrêter, observer et faire un audit de la filière pour voir si les choses avaient évolué dans cet écosystème que je connais bien : j’ai débuté ma carrière en tant que diagnostiqueur, j’ai aussi été à l’origine de Sidiane. Ce temps m’a permis de mesurer le chemin parcouru, mais aussi les fragilités persistantes du métier, notamment autour du DPE.
C’est-à-dire ?
Nous avons réussi à bâtir une filière en 25 ans, avec un taux de fraude très faible – 1,76 %. Pourtant, le métier est sous pression permanente, très exposé médiatiquement, notamment via le DPE. Les diagnostiqueurs subissent les effets de réformes successives parfois difficiles à absorber. De plus, la certification reste un sujet sensible car elle ne reconnaît pas suffisamment l’expérience. Refaire ses preuves tous les sept ans dans un système très contraignant est vécu comme vexatoire. La certification était nécessaire à l’origine, mais le métier a gagné en maturité. Elle doit évoluer, en lien avec les organismes de formation et de certification.
Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en revenant ?
La violence des propos sur les réseaux sociaux notamment. À l’image de la société, le diagnostic immobilier n’y a pas échappé. Aujourd’hui, il faut remettre de la clarté et porter un discours responsable auprès du législateur.
D’où la nécessité de faire évoluer Sidiane et surtout d’affirmer sa représentativité…
La forme associative n’était plus suffisante pour peser auprès des pouvoirs publics. Une OPE (Organisation professionelle d’employeurs) est plus adaptée pour représenter une filière économique. Le président doit être un dirigeant de cabinet, et en tant que délégué général, je dispose d’un pouvoir élargi : c’est indispensable pour être efficace et crédible. La profession compte entre 13 000 et 25 000 acteurs selon le périmètre, pour une douzaine d’organisations représentatives. C’est trop dispersé. Sidiane représente aujourd’hui 20 à 25 % du marché avec environ 3 000 diagnostiqueurs et près de 350 millions de chiffres d’affaires : c’est significatif, mais insuffisant. Il faut rassembler, car quels que soient la taille ou le modèle économique, nous faisons tous le même métier. D’ailleurs, Ex’im et Defim viennent de nous rejoindre.
Quid des indépendants ?
Sidiane leur est aussi ouvert. Le collège C a été créé pour eux. L’opposition entre « gros » et « petits » n’a pas de sens : indépendants, franchises et groupes intégrés sont complémentaires. Je ne crois pas à de grandes Assises sous le feu des projecteurs. La profession a surtout besoin de se parler sereinement, dans des formats plus resserrés, loin de la pression médiatique, pour travailler sur les sujets de fond. Les réseaux sociaux ne régleront rien. Surtout que 90 % des sujets font consensus. Notre rôle est de créer ces conditions.
Vous vous êtes donc fixé une feuille de route sur 5 ans plutôt ambitieuse, mais elle ne concerne pas que la question de la représentativité…
Elle repose avant tout sur la structuration et la professionnalisation durable de la filière. L’objectif n’est pas de promettre des solutions miracles, mais de se donner une vision claire de la transformation du métier. Cela passe par des chantiers de fond : la formation, avec le projet de création d’un bac +3 en diagnostic immobilier, indispensable pour donner du sens et de la valeur à la profession, même si elle restera en partie un métier de reconversion. Un autre axe majeur de ce plan concerne la donnée technique. Le diagnostiqueur est un collecteur exceptionnel d’informations – DPE, amiante, gaz, électricité, sécurité sanitaire – qui constituent un véritable gisement encore trop peu exploité. Nous voulons structurer cette donnée à travers un observatoire au sein de Sidiane afin de la rendre exploitable et utile aux pouvoirs publics. Cette feuille de route vise enfin à accompagner les évolutions réglementaires, à améliorer les outils existants, réétudier la création d’une convention collective propre à notre filière ou la mise en place de la certification d’entreprise en plus de celle de personne, et in fine avancer de manière cohérente et durable.
Voici le communiqué de presse officiel :
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