GÉOLOCALISATION DES DIAGNOSTIQUEURS : RÉSULTATS DU SONDAGE DIAGACTU Profession
Pour renforcer la traçabilité des DPE, la DHUP étudie quatre solutions techniques. Un sondage Diagactu réalisé auprès des diagnostiqueurs révèle une large défiance face à ces options et fait émerger, en parallèle, des propositions davantage pragmatiques.
Dans un contexte de fiabilisation du DPE, le ministère explore plusieurs leviers techniques destinés à prouver la présence effective du diagnostiqueur sur site. Pour rappel, la première repose sur la prise de photo du compteur, déjà recommandée dans certains diagnostics comme le gaz et l’électricité. La deuxième prévoit des clichés du logement lui-même, censés attester du passage sur place. Une option déjà présente finalement sur les logiciels DPE, sans horodatage. Les deux dernières s’appuient sur des applications mobiles, l’une se limitant à une géolocalisation simple, l’autre intégrant un système de minuterie pour mesurer la durée de l’intervention. Selon les résultats du sondage, près de six diagnostiqueurs sur dix estiment qu’aucune des quatre pistes étudiées par le ministère n’est réellement adaptée à leur pratique, tandis que les solutions fondées sur la prise de photos ou les applications mobiles ne recueillent qu’une adhésion marginale, chacune autour de 15 à 20 % des réponses. Mais pour une majorité de professionnels interrogés, ces dispositifs restent déconnectés des réalités du terrain, notamment à cause des zones blanches, et beaucoup mettent tout simplement en doute la valeur probante des solutions envisagées.
Les pistes remontées
Certaines propositions concrètes ont également émergé via le questionnaire. L’une des plus récurrentes concerne l’implication du donneur d’ordre : « L’obligation au propriétaire ou à son représentant d’être présent sur site » et de signer une fiche de mission permettrait, selon un sondé, « une preuve de notre présence et de la durée de la mission ». D’autres avancent des solutions techniques plus encadrées, comme « une application avec identification forte (nom, numéro de certification + SMS pour chaque mission) » ou encore « une authentification avec France Identité, enregistrement des coordonnées GPS et validation lorsqu’on retrouve du réseau en zone blanche ». Certains privilégient des méthodes simples et proportionnées : « Quatre photos, dont une extérieure en début de mission et trois intérieures en fin de mission, horodatées. » Mais une large partie des répondants estime que le cœur du problème est ailleurs. « Il faudrait un vrai contrôle d’accès à la profession », écrit un diagnostiqueur depuis vingt ans dans le métier, quand un autre appelle à « contrôler les grosses structures qui imposent des rythmes trop importants à leurs techniciens ».
Un vent de lassitude
Dans les remarques libres, la tonalité est souvent sans détour. « Marre d’être fliqué », écrit l’un des sondés. Un autre ironise : « Nous mettre des bracelets électroniques comme les repris de justice !!! ». Plusieurs dénoncent une présomption de culpabilité généralisée : « Arrêter de considérer le diagnostiqueur coupable d’office, à cause des pratiques d’une minorité. » Surtout, en filigrane, une même revendication traverse les témoignages : la reconnaissance du travail de terrain. « Laissez-nous faire notre métier sans mettre des bâtons dans les roues », résume un professionnel, persuadé que la lutte contre la fraude passera moins par la multiplication des outils de surveillance que par la formation, des contrôles ciblés et une confiance restaurée entre l’administration et la profession.
Vous avez une information à nous transmettre, un témoignage à nous relayer, ou une idée d’article ?
Contactez la rédaction de Diagactu !





