L’ONEDI REFUSE UN PROCESSUS DE REPRÉSENTATION SANS ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES Profession

ONEDI CP Assises
Publié le par Mathias LOVAGLIO

L’Organisation nationale d’éthique du diagnostic immobilier (Onedi) ne rejoindra finalement pas l’un des groupements récemment constitués. L’association refuse de réduire la structuration de la profession à une charte non contraignante et à la désignation d’un interlocuteur unique, loin des perspectives initiales.

Ces derniers mois ont laissé entrevoir la perspective d’une véritable structuration de la profession : un quasi-ordre ou une organisation inspirée des fédérations sportives, reposant sur une représentation légitimée par des élections professionnelles. Mais les récentes annonces et les regroupements qui se sont opérés, avec la création de Nous Diagnostiqueurs, Le Syndicat et de l’UFD3I, ont changé la donne, poussant l’Onedi à clarifier sa position.

C’est désormais chose faite par le biais d’un communiqué diffusé le 2 octobre (voir ci-dessous) et faisant suite à la tenue d’une assemblée générale et d’un conseil d’administration de l’organisation. Le message est on ne peut plus clair : « Dans les conditions actuelles, ONEDI ne peut rejoindre aucune coalition désignée » par le député Daniel Labaronne pour poursuivre les discussions autour de la structuration de la profession.

L’organisation constate que les démarches en cours ne se limitent plus qu’à deux objectifs : « Une charte déontologique non contraignante » et « un interlocuteur unique désigné », écartant au passage l’hypothèse d’une représentation issue d’élections professionnelles. Un point sur lequel le député Daniel Labaronne s’était pourtant montré ouvert à plusieurs reprises, notamment lors des RVDi et des Assises du diagnostic immobilier.

Les politiques auraient-ils tendu un piège à la profession ?

Contacté par Diagactu, Patrick Gombaud, président de l’Onedi, précise sa position. Il craint qu’en participant au processus tel qu’il est engagé, les organisations donnent, au nom de la profession, leur accord à un cadre dans lequel « rien ne changera ». Le risque, selon lui, est de voir émerger un interlocuteur unique réduit au rôle de « chambre d’enregistrement » chargée de valider les orientations retenues plutôt que de porter une véritable transformation de la profession.

C’est pourquoi l’Onedi conditionne sa participation à des engagements clairs. En premier lieu, la tenue d’élections professionnelles impliquant l’ensemble des diagnostiqueurs certifiés enregistrés dans l’annuaire officiel ou, à défaut, par tirage au sort au sein de l’annuaire. L’Onedi attend aussi des pouvoirs publics qu’ils garantissent l’absence totale de conflit d’intérêts des représentants de la profession, et s’engagent sur la création d’un quasi-ordre et d’une juridiction compétente sur l’ensemble des acteurs de la filière, ainsi que sur la mise en place d’un diplôme. L’Onedi reste donc fidèle aux principes qu’elle défend depuis sa création.

Une prise de position risquée, dont l’avenir dira si elle sera saluée comme un acte de conviction ou simplement reléguée au rang d’ultime bras de fer avec les pouvoirs publics.

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2 commentaires

  • ETIC a écrit

    Personnellement, je n’ai jamais vu de soi-disant « perturbateurs » travailler autant et aussi sérieusement pour la structuration de leur profession !
    Bravo à l’ONEDI qui ne se laisse pas manipuler (ou soudoyer) par ce gouvernement autocrate et corrompu et la bande d’escrocs qui nous ont amené là où on sait en validant sans broncher tout ce système injuste, totalitaire, pour ne pas dire mafieux (puisque la certification s’est transformée en véritable outil de racket).
    Je viens de suivre la formation continue DPE avec et sans mention, çà fait 19 ans que je suis certifié, et on viens me réapprendre le b-a-ba, me former sur des textes obsolètes, sans reprendre les derniers textes puisque les cours datent de 2024, des mentions liées aux anciennes règles de 2012, et des aberrations.
    Notamment une preuve dans le cours, sur la prise en compte du gaz argon sur fenêtres à partir de 2006 que j’avais appliqué et qui m’a été reproché lors d’un CSO n’ayant pas de justificatifs précisant le gaz alors que j’avais le PC datant de 2011 !
    Et j’en passe !

    Avec l’ONEDI, au moins vous avez un interlocuteur qui vous écoute, qui comprends et connait le métier puisque n’est constituée que de diagnostiqueurs certifiés, et qui a déjà défendu nombre d’odi sanctionnés par leur OC.
    Et qu’on soit clair, le combat n’est pas anti-certif, car un métier a besoin de contrôle afin qu’il ne dérive pas (d’autant plus le nôtre qui est du contrôle réglementaire), l’ONEDI n’est pas LDI !. Mais ONEDI lutte pour un contrôle honnête, compétent, respectueux du droit de travail et d’exercice, tenant compte de l’expérience des gens et de leur réelle compétence et des contraintes de la vie.

    Au passage, il faudra revoir le réel rôle du COFRAC car actuellement, il ne sert absolument à rien, hormis prendre sa part du pactole.

  • Patrick13990 a écrit

    Les représentants d’une profession doivent être légitimes et représentatifs de ceux qu’ils ont vocation à défendre.
    Dans un pays qui se veut démocratique, ce principe devrait aller de soi — y compris pour nos responsables politiques. Qu’un tel choix puisse être fait sans que cela ne choque davantage pose, à juste titre, question.
    Je n’ai plus aucune confiance dans les représentants actuelles du ministère.

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