TRIBUNE | LIONEL JANOT : LE DIAGNOSTIC IMMOBILIER À LA CROISÉE DES CHEMINS ! Profession

Publié le par Alain PERIE

A quelques jours de la tenue de la 17ème édition des Rendez-vous du Diagnostic immobilier (RVDI), Lionel Janot,  le président de la FIDI, apporte son analyse des mutations actuelles des métiers du diagnostic. Des réflexions qui seront prolongées lors d’une table ronde à laquelle il participera et qui s’annonce très suivie (10h – 10h45).

« Le bâtiment existant accélère sa mue, poussé par de nouvelles réglementations particulièrement ambitieuses en matière d’énergie, d’environnement et de santé des occupants. Un nouveau tournant à négocier pour les diagnostiqueurs immobiliers qui voient leur place se renforcer dans les différents dispositifs.

En dépit du Covid et de ses conséquences, les deux dernières années n’ont pas été de tout repos pour le monde du diagnostic immobilier, pourtant habitué – peut-être bien plus que d’autres d’ailleurs – aux (r)évolutions réglementaires. Entre accélérations soudaines et reports inopinés, la profession avance au pas de charge. Est-il nécessaire de rappeler l’épisode de la refonte agitée du DPE, devenu depuis sa réelle fiabilisation en septembre « l’outil repère indispensable* » de la politique publique de rénovation énergétique ? Ou l’arrivée annoncée du nouvel audit énergétique pour les logements énergivores proposés à la vente, déjà reportée une fois ? Doit-on évoquer l’instauration du diagnostic PEMD en cas de réhabilitation/démolition ou la réglementation amiante toujours plus fournie ? Le tout sur fond d’émergence de solutions innovantes d’acquisition et de gestion des données techniques du bâtiment…

Nouveaux profils

Le plus souvent portées par une réglementation structurée et certifiante, ces nouvelles opportunités transforment chaque jour un peu plus la réalité du diagnostiqueur immobilier, qu’il soit jeune arrivant ou de longue date dans le métier, exerçant en solo ou au sein d’une structure indépendante ou d’un réseau. Et s’il est encore envisageable de se présenter, pour quelques temps encore, comme « généraliste du bâtiment », afin de répondre aux attentes d’un marché immobilier lui aussi en pleine mutation, qu’en sera-t-il demain ? Quels seront les points communs entre un diagnostiqueur certifié DPE mention et/ou audit énergétique, véritable spécialiste des économies d’énergie des ménages, un opérateur de repérage des polluants et de diagnostic PEMD avant-travaux ou démolition et le diagnostiqueur multi-spécialiste de l’avant-vente ? Un expert de la gestion de données techniques du bâtiment exercera-t-il encore le même métier qu’un professionnel de l’état parasitaire ?

Travailler avec les autres

Certes, de nombreux professionnels embrassent déjà ces différents domaines ou s’organisent pour les aborder, portés par leurs compétences et leur motivation. Mais pour combien de temps ? La tendance de fond est aujourd’hui à la spécialisation de l’ensemble des acteurs de la filière. Dans les prochains mois, les diagnostiqueurs vont devoir bâtir en toute conscience des profils de compétences aussi pointus que diversifiés. Cela passe bien entendu par un renforcement de la formation et du recrutement. Sur ce point, la FIDI entend accompagner la diversité du marché et des besoins :

  • en professionnalisant ses propres approches sur l’énergie et l’amiante grâce à des « sachants » désormais sollicités par ses groupes de travail pour accélérer la réflexion et l’élaboration d’outils pratiques de travail,
  • en ouvrant des créneaux de « veille technologique » à ses élus puis à ses adhérents,
    sans oublier un travail de fond de pédagogie et de réponses aux questions toujours nombreuses sur les diagnostics du DDT.

C’est en renforçant les compétences métiers et en séduisant de nouvelles recrues en formation initiale ou en reconversion que nous continuerons cette collaboration fructueuse avec nos différents partenaires, assureurs en tête. Le développement de nombreux partenariats noués par la FIDI (avec l’Unis notamment, voir le dernier CP commun FIDI / UNIS sur l’Audit énergétique) va dans ce sens. Ce fonctionnement « en étoile » apporte ouverture, vision complète et regards croisés sur les problématiques, qui profitent à l’ensemble des diagnostiqueurs adhérents, quelles que soient leurs orientations stratégiques d’entreprises.

La structuration de la filière du diagnostic, débutée en 2007 avec l’arrivée de la certification de personnes, franchit actuellement un nouveau cap. Et les généralistes d’hier sont appelés à devenir – via leur montée en compétences et l’arrivée de nouveaux profils – les spécialistes ou multi-spécialistes de demain.

La FIDI sera plateforme de ressources méthodologique et d’information pour tous, comme elle l’est depuis sa création en 2004, et toujours présente pour représenter l’ensemble des métiers exercés par les diagnostiqueurs dûment certifiés, habilités ou accrédités pour les exercer. »

Lionel JANOT, président de la FIDI

 

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