UNE CAGNOTTE EN LIGNE POUR AIDER LA REPRISE D’UN CABINET DE DIAGNOSTIC Profession
Reprendre un cabinet de diagnostic, ce n’est pas chose aisée, surtout pour trouver les fonds. Willy Neveu, diagnostiqueur certifié depuis 2024 tente de mettre toutes les chances de son côté, avec des financements publics d’abord, mais aussi en lançant une cagnotte en ligne.
À 54 ans, Willy Neveu s’apprête à franchir une étape décisive de sa reconversion professionnelle. Après avoir obtenu l’ensemble de ses certifications en diagnostic immobilier en juin 2024, il souhaite reprendre l’entreprise dans laquelle il avait effectué ses immersions professionnelles avant même d’entrer en formation. Mais Willy Neveu part de loin : « Je me suis lancé dans ce projet de zéro. J’ai zéro trésorerie et ça se fait petit à petit. » Pour financer l’opération, il a créé sa société : « Ovalie Immo Diag », et multiplie les pistes de financement : l’ARCE de France Travail, dont il espère mobiliser 4 700 euros, une aide de l’ADI de 9 000 euros, ainsi qu’une garantie de Bpifrance pouvant couvrir jusqu’à 67 % du financement. En parallèle, il a alors lancé une cagnotte participative avec un objectif affiché de 35 000 euros et avec une participation minimum de 5 euros, jusqu’au 30 juin. « Je prendrai ce qui arrive, en tout cas ce projet est stimulant, je souhaite à tous de se lancer des défis », assure-t-il. Son ambition est claire, finaliser la reprise et démarrer l’activité au 1er juillet.
Une opportunité
« En début de carrière, je me disais qu’idéalement je me lancerai dans la création d’entreprise, mais je voulais être salarié pendant trois ans pour me faire la main », confie-t-il. Le cédant, âgé de 64 ans, part à la retraite et lui propose de reprendre son activité, son portefeuille clients et son carnet de commandes. « Cette personne, c’est la première qui m’a pris en immersion avant que je ne commence, pour faire mon étude métier. » Une relation de confiance renforcée puisqu’une semaine avant de passer ses certifications, le futur diagnostiqueur a voulu retourner sur le terrain avec ce mentor pour mettre toutes les chances de son côté. Résultat : « J’ai validé toutes mes certifications, DPE mention et amiante avec mention, plus tous les autres domaines. »
Une ombre au tableau
L’entreprise qu’il souhaite reprendre appartient aujourd’hui au réseau franchisé. Pour poursuivre sous cette enseigne, Willy Neveu devrait s’acquitter de nouveaux frais. « Le franchiseur me demande 15 000 euros et trois semaines de formation à 7 000 euros, donc c’est le hic. C’est pour ça que j’ai fait la cagnotte. » Face à cette dépense supplémentaire de 22 000 euros, il n’exclut pas de changer d’enseigne. « Je ne suis pas obligé de rester franchisé. » Il a d’ailleurs déjà pris contact avec d’autres réseaux qu’il connaît bien. « Je vais essayer de discuter avec rapidement, voir ce qu’ils peuvent me proposer. Je vais faire jouer la concurrence entre les franchises. » Pour le futur chef d’entreprise, cette démarche relève du bon sens économique. « C’est ce qu’il doit être fait, que tout le monde devrait faire. Le marché est tellement concurrentiel. Il ne faut pas se limiter, je veux tomber sur une bonne franchise. » Une réflexion stratégique qui pourrait conditionner la réussite de son projet entrepreneurial.
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