STÉPHANE PROUZEAU : « AUJOURD’HUI, IL N’Y A PAS ASSEZ D’AUDITEURS RGE » Technique

Publié le par Alain
STÉPHANE PROUZEAU : « AUJOURD’HUI, IL N’Y A PAS ASSEZ D’AUDITEURS RGE » Technique

Si Stéphane PROUZEAU, vice-président de la FIDI, se félicite d’avoir été entendu sur le choix de la méthode 3CL, il s’inquiète cependant du nombre insuffisant de diagnostiqueurs disposant de la marque de qualité RGE Audit, à compter du 1er janvier 2022.

 

Stéphane PROUZEAU, quelle est votre analyse du projet d’arrêté définissant le contenu du futur audit énergétique actuellemene en consultation publique ?  

 

Tout d’abord nous nous réjouissons d’avoir été entendus sur le choix de la méthode de calcul en 3CL. Un audit énergétique basé sur la méthode ThCEx aurait été incompréhensible. Nous saluons cette volonté des pouvoirs publics d’assurer une cohérence avec la nouvelle méthode d’évaluation de la performance énergétique des logements dans le cadre de la réforme du DPE. Plus globalement, nous ne voyons pas de points bloquants dans la méthode et le contenu de l’audit énergétique qui est un outil déjà bien connu. Seules peut-être les dérogations de propositions de travaux risquent d’être complexes dans leur mise en œuvre à partir du 1er janvier, notamment parce qu’elles ne doivent pas présenter un coût disproportionné par rapport à la valeur vénale des biens. Un certain nombre d’entre eux sortiront donc du champ de la rénovation énergétique. 

 

L’échéance du 1er janvier 2022 pour les premiers audits sur les biens classés F ou G pourra-t-elle être respectée ?

 

La principale problématique à notre sens concerne la qualification des diagnostiqueurs puisque le projet d’arrêté renvoie à la définition de l’auditeur du décret du 30 mai 2018. Dans ce texte, une expérience d’audit ou de rénovation énergétique est requise. Or l’OPQIBI et QUALIBAT ne reconnaissent pas ce type d’expérience chez les diagnostiqueurs même chez ceux certifiés DPE avec mention. Aujourd’hui, il n’y a pas suffisamment d’auditeurs qualifiés RGE, pour satisfaire la demande d’audit à compter du 1er janvier 2022. Etant donné que les bureaux d’études seront sans doute peu mobilisés pour ces prestations, les pouvoirs publics courent le risque de voir le marché immobilier se gripper dès janvier prochain par manque de professionnels pour réaliser les audits. Nous avons interpellé la DHUP à ce sujet.

 

Quelles solutions préconisez-vous ? 

 

Il conviendrait selon nous de mettre en place une formation adéquate. Les diagnostiqueurs ne doivent pas imaginer pouvoir réaliser des audits sans un complément de formation adaptée. Nous préconisons de redéfinir le périmètre de la certification DPE avec mention pour intégrer l’activité d’audit énergétique. D’ici-là, pour assurer les premiers mois d’application du dispositif en 2022, nous suggérons aux pouvoirs publics de reconnaitre provisoirement la certification DPE avec mention des diagnostiqueurs ayant suivi la formation complémentaire d’audit. 

 

« Aujourd’hui, la majorité DPE réalisés ne reflètent pas la réalité » 

 

Quels sont justement les retours d’expérience de vos adhérents après quelques semaines d’application du nouveau DPE ?

 

Tout le monde s’accorde à dire aujourd’hui que la majorité DPE réalisés depuis le 1er juillet sortent des estimations surévaluées, même ceux renseignés avec l’ensemble des données. Nous constatons des augmentations de consommation de près de 30 à 40%, voire de 100 % dans certaines configurations d’immeuble, sans que cela soit justifié. Les professionnels de l’immobilier sont désabusés et les propriétaires sont sidérés. 

 

Autre problématique que les diagnostiqueurs nous remontent actuellement, c’est la difficulté de recueillir toutes les données auprès des propriétaires et des syndics. L’une des informations les plus difficiles à obtenir étant le métrage, avec la surface privative de l’immeuble. Certains syndics sont inquiets de leur responsabilité dans le cadre l’opposabilité juridique du DPE et préfèrent s’abstenir de donner ce type d’information. 

 

Nous restons confiants sur notre capacité à contribuer à faire de ce nouveau DPE un outil fiable, mais les pouvoirs publics doivent être conscients qu’il reste beaucoup de choses à régler. Nous aurons d’ailleurs rapidement l’opportunité d’y travailler puisque la DHUP convoque dans les prochains jours tous les acteurs concernés pour des entretiens bilatéraux. La FIDI est entièrement mobilisée sur ces deux dossiers, nouveau DPE et audit énergétique, dans l’objectif d’obtenir des outils efficients, au bénéfice de tous. 

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