THIERRY MARCHAND : « NOUS RASSEMBLER AUTOUR DE LA MÊME EXIGENCE D’UNE FILIÈRE D’EXCELLENCE » Technique

Publié le par Alain

Réélu le 5 juin à la présidence de la Chambre de diagnostiqueurs FNAIM, Thierry Marchand dévoile à DiagActu les grandes orientations de sa fédération pour les trois années à venir.

 

Thierry Marchand, vous avez été réélu à la présidence de la Chambre des diagnostiqueurs FNAIM lors de votre Assemblée générale du 5 juin. C’est l’occasion de dresser avec vous un bilan de votre action lors de ces trois dernières années.


Notre Assemblée générale s’est tenue en présence de Jean Marc Torrollion, le président fédéral de la FNAIM, qui est un allié d’une force considérable pour la Chambre des diagnostiqueurs. Ces trois dernières années, avec son soutien, je crois que nous avons inversé la tendance et contribué à convaincre les Pouvoirs publics de nos compétences dans les missions qui nous sont confiées pour l’information dans les domaines de la santé, de la sécurité et de l’environnement sur le secteur du bâtiment. L’environnement n’est d’ailleurs à mon sens pas encore suffisamment pris en compte. Il s’agit pourtant de la préservation de notre planète et notre responsabilité est forte en termes d’information auprès du citoyen. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que la CDI FNAIM signe la charte « Engagé pour FAIRE » le 4 avril dernier.

 
D’autre part, même si nous sommes et restons une fédération d’indépendants de notre métier, nous avons intégré à notre Chambre un réseau de franchises, et non des moindres puisqu’il s’agit de Diagamter. Son président, Guillaume Exbrayat, s’implique activement dans notre Chambre, notamment en tant que trésorier. On peut donc affirmer que la CDI FNAIM représente autant les petits indépendants, les structures moyennes, que les réseaux.

 

« La mise en examen des anciens dirigeants du groupe Equantec est l’exemple même de la fraude de grande ampleur, presque criminelle selon moi, qui peut impacter l’ensemble de notre profession. »


Cette dernière année, nous avons aussi beaucoup travaillé auprès du Conseil Supérieur du Notariat pour améliorer leur information relative aux diagnostics immobiliers, avec notamment la mise en place de formations.


Enfin, N’Bia Zerouali nous a rejoint début 2018. Dès son intégration, elle a mené de main de maître plusieurs dossiers dont celui, complexe, de la réforme de la certification. Je me félicite de son action et de sa capacité à organiser et structurer notre certification, même s’il nous faut rester vigilant vis-à-vis de cette réforme en cours.

 

Parlons maintenant des projets de la CDI FNAIM. Quelles seront les grandes orientations de ce deuxième (et dernier) mandat ?


La vocation de notre fédération, outre celle d’apporter des services aux diagnostiqueurs, est de défendre notre profession. C’est pourquoi je souhaite développer les recours juridiques à l’encontre des professionnels peu regardants en matière déontologique qui abîment l’image de notre métier. Ce n’est pas bien sûr le petit indépendant que nous visons, mais ce sont les comportements graves d’acteurs significatifs ainsi que les pratiques commerciales qui contreviennent aux règles d’indépendance et d’impartialité. La mise en examen des anciens dirigeants du groupe Equantec dont vous avez fait état sur votre site il y a quelques jours, est l’exemple même de la fraude de grande ampleur, presque criminelle selon moi, qui peut impacter l’ensemble de notre profession. Nous allons d’ailleurs évoquer ce sujet à notre bureau exécutif et réfléchir à l’éventualité de nous porter partie civile dans cette affaire. C’est notre rôle d’organisation professionnelle que de lutter contre ces entreprises qui mettent à mal l’image de tous les membres de notre profession.  Le label CDI-FNAIM doit d’ailleurs être un gage de sérieux et de confiance pour le marché, tant vis-à-vis des professionnels de l’immobilier que des particuliers.

 

« Nous n’avons pas besoin de 13 acteurs pour certifier 10 000 professionnels, cela n’a pas de sens sur un effectif métier comme le nôtre. »


Je souhaite aussi rassembler notre profession autour d’une véritable exigence commune de professionnalisme et de respect des missions que nous confient les Pouvoirs publics. Il s’agit notamment de construire une filière d’excellence et d’attirer de nouveaux adhérents souhaitant s’inscrire dans cette démarche. Il faut que l’on soit plus nombreux pour être toujours plus représentatifs afin de défendre notre métier.

 
J’attache aussi une grande importance à la nécessité d’une meilleure maîtrise des coûts des prestations. Il faut que tout le monde puisse vivre dignement de son métier, ce qui n’est pas tout à fait le cas. Les tarifs pratiqués sont encore trop hétérogènes. Sur ce plan, les organismes de certification ne jouent pas complètement leur rôle et sont bien trop nombreux ; nous n’avons pas besoin de 13 acteurs pour certifier 10 000 professionnels, cela n’a pas de sens sur un effectif métier comme le nôtre. La certification des personnes est certes une activité économique, mais elle doit surtout constituer une exigence de compétences. Quatre ou cinq organismes indépendants suffiraient pour travailler sérieusement.


Enfin nous poursuivrons bien sûr les chantiers actuels : le développement du DTG, le diagnostic structure, l’habitabilité des logements, l’accompagnement des métiers du BIM qui vont rentrer dans notre giron, l’accompagnement du diagnostic immobilier dans le numérique avec la dématérialisation, etc. Je porte aussi le projet de création d’une fiche d’identité du bien à laquelle je crois beaucoup car nous devons être les acteurs majeurs du carnet numérique. Sans oublier bien sûr la réforme du DPE qui ouvre l’opportunité extraordinaire de la mise en place d’un nouvel outil opposable qui va porter la politique de la rénovation énergétique en France. L’amendement visant à interdire la conclusion d’un bail de location pour les logements classés Fet G, adopté le 8 juin à l’Assemblée nationale, en est la démonstration.

 

« J’ai souhaité que l’ESI se dote d’une filière de diagnostic immobilier. Le premier programme de formation longue sera lancé en septembre avec notre partenaire ITGA.  »

 

Et vous voulez mettre l’accent sur la formation des jeunes.


C’est mon challenge pour ce deuxième mandat de faire en sorte que notre métier ne soit bientôt plus seulement un métier de reconversion. Cela passe en effet par une véritable formation des jeunes via des filières de formation accessibles aux sorties des écoles. Nous avons absolument besoin de jeunes dans notre profession, d’autant qu’une part importante de professionnels en activité devra partir à la retraite dans les années qui viennent. C’est pourquoi j’ai souhaité que l’ESI [ndlr : l’Ecole Supérieure de l’Immobilier, l’organisme de formation de la FNAIM] se dote d’une filière de diagnostic immobilier. Le premier programme de formation longue sera lancé en septembre avec notre partenaire ITGA. Il s’agit de la première marche d’un processus de formation plus complexe qui mobilisera différents partenaires s’inscrivant dans cette même exigence d’une filière d’excellence.

 

Propos recueillis par Alain Périé.

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