LE PPT, UN FREIN DANS LA TRANSACTION EN COPROPRIÉTÉ ? Profession
Généralisé depuis le 1er janvier 2025 après un déploiement progressif, le Projet de Plan pluriannuel de travaux (PPT) s’impose désormais dans toutes les copropriétés françaises. Issu de la Loi Climat et Résilience, cet outil de projection à dix ans vise à améliorer la transparence et l’entretien du parc immobilier. Mais sur le terrain, il suscite incompréhensions et tensions entre vendeurs et acheteurs, d’après le réseau l’Adresse.
La France compterait 870 000 immeubles en copropriété, soit 13 millions de logements, deux tiers de ces copropriétés ont été construites avant 1970 et 17 % des logements des copropriétés ont un DPE F ou G. Les besoins en travaux sont donc considérables. Ravalement de façade, rénovation de toiture, traitement des balcons ou encore isolation de la toiture et des combles, remplacement du système de chauffage, installation d’un système de ventilation… Le Projet de PPT représenterait un coût de réalisation qui se situerait « généralement autour de 5 000 à 15 000 euros en fonction de la taille de la copropriété » selon le réseau d’agences immobilières l’Adresse. Et il dresse un constat : la mention de travaux futurs importants dans un PPT peut freiner certaines transactions. Elle est vue comme étant des « charges immédiates, alors même qu’ils s’étalent dans le temps et ne sont pas systématiquement votés ».
Le PPT, une source d’inquiétude
« Face aux montants des travaux indiqués dans le plan pluriannuel de travaux, certains acheteurs redoutent une hausse des charges futures, ce qui les conduit à tenter de négocier davantage le prix à la baisse », explique Brice Cardi, président de l’Adresse, ce qui peut entraîner des refus d’offres ou des compromis finalement annulés. Il en résulte un véritable « cercle vicieux » : des vendeurs renonçant à établir le PPT pour ne pas fragiliser leur vente, et des acheteurs inquiets en son absence, suspectant des travaux cachés. « L’absence de PPT peut avoir une explication très simple : son coût n’est pas toujours justifié pour une copropriété bien entretenue », rappelle Julien Tourtois, président du syndic Pro.Gestion au sein de l’Adresse, soulignant que cela ne constitue pas nécessairement un signal d’alerte.
La solution ?
Pour l’Adresse, la solution passe par la pédagogie, d’abord entre syndic ou agent immobilier et les copropriétaires, mais surtout avec les opérateurs en diagnostic immobilier comme l’explique le président du réseau : « Notre attente vis-à-vis des diagnostiqueurs est claire : précision, rigueur, mais surtout accompagnement. Nous ne voulons pas simplement recevoir un rapport technique — nous souhaitons des partenaires capables par exemple de venir en assemblée générale expliquer leurs conclusions, rassurer les copropriétaires et valoriser ainsi leur travail. C’est à cette condition que le PPT deviendra un vrai outil collaboratif, et non une source d’inquiétude supplémentaire agents immobiliers, syndics, diagnostiqueurs : nous avons tout à gagner à travailler ensemble, dans la confiance plutôt que dans la défiance. »
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