3 QUESTIONS À NATHALIE DEPAOLI Interview

3 questions à Depaoli
Publié le par Mathias LOVAGLIO

Nathalie Depaoli dirige le cabinet ADNR dans le Rhône depuis 2020. Elle s’est prêtée au jeu de notre interview « 3 questions à » pour évoquer son parcours et ses coups de gueule sur les renforcements de la certification et la représentation des diagnostiqueurs à la suite des Assises du diagnostic immobilier.

Nathalie, comment êtes-vous venue au diagnostic immobilier et à la création d’un cabinet ?

J’ai d’abord été agent immobilier et je détenais la carte professionnelle à l’époque. Très attirée par les questions d’ordre technique, je me suis alors décidée à devenir diagnostiqueur immobilier en 2014. J’ai passé mes six certifications et mes diplômes en 2015. J’ai eu la chance d’être embauchée par un groupe important que je remercie encore aujourd’hui. Au bout de quatre ans, j’ai pris la décision de stopper le salariat et j’ai décidé d’être indépendante. Je me suis donc installée sur la région lyonnaise en 2020, période loin d’être idéale avec la crise sanitaire. Comme beaucoup, ça a été un peu compliqué, malgré la chance d’avoir quand même pas mal de contacts. En continu, j’échange beaucoup avec des confrères et je suis beaucoup de formations car ces domaines demandent de plus en plus de technicité.

Comme beaucoup d’indépendants, vous critiquez la lourdeur actuelle du dispositif de certification..

À l’aube de repasser mes six certifications, entre les formations et les recertifications, je dois sortir en budget pratiquement 8 000 euros d’ici la fin de l’année. J’en ai ras-le-bol. Combien de temps peut tenir un petit indépendant ? Nous ne sommes pas des guignols, nous sommes des pros et il faut stopper ce mode de fonctionnement.

Attention, je ne suis pas contre le fait d’être contrôlée, ça nous permet aussi de grandir, de nous améliorer tant en compétences qu’en erreurs à ne plus commettre. Mais je conteste la façon dont c’est fait et les coûts que ça engendre. D’autant plus qu’on continue de constater que certains diagnostiqueurs feraient mieux de changer de métier. J’entends bien que tout le monde ait sa chance, moi la première je suis issue d’une reconversion professionnelle, mais le niveau de notre environnement doit être rehaussé : de meilleures formations, une certification initiale plus efficace, plus d’échanges et moins de matraquage ensuite.

Ces sujets ont été évoqués lors des Assises du diagnostic immobilier du 21 mai dernier. Vous n’avez pas pu y assister mais la représentativité des tables rondes vous a choquée. Pourquoi ?

Aujourd’hui, on n’écoute que les grands groupes, ceux qui ne bougent pas leurs fesses de leur bureau et qui ne sont pas sur le terrain. Les indépendants doivent être entendus et invités pour toutes les négociations, et qu’on évite de nous inviter la veille pour nous dire « venez vite, on vous reçoit à Paris ». Et en plus, ceux qui se sont déplacés n’ont pas été écoutés. C’est de la mascarade.

On veut des actions concrètes. Même les deux ou trois associations qui nous représentent, qui se bagarrent comme elles peuvent, ne suffisent pas. Il faut que tous les diagnostiqueurs indépendants montent au créneau et je vais en faire partie car j’en ai marre !

Enfin, j’aimerais qu’on accorde plus de place aux femmes. Nous sommes de plus en plus nombreuses, avec les mêmes compétences que les hommes. Certaines sont même de véritables pointures dans leur domaine. Je trouve dommage que nous ne soyons pas plus représentées, voire pas du tout comme lors de la table ronde des Assises.

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