MATTHIEU MOREL VEUT DONNER UNE NOUVELLE IMPULSION AU GROUPE EX’IM Interview

Matthieu Morel, DG du groupe Ex"im
Publié le par Mathias LOVAGLIO

Nommé directeur général du groupe Ex’im le 1er avril dernier, Matthieu Morel détaille la nouvelle feuille de route engagée par l’enseigne. Recentrage sur la franchise, renforcement du maillage territorial, montée en compétences des cabinets et adhésion à Sidiane : il expose les axes de développement d’un groupe qui veut mieux armer ses franchisés face aux tensions du marché.

Matthieu Morel, quel a été votre parcours et dans quel contexte avez-vous pris les rênes du groupe Ex’im ?

Après une école de commerce à Bordeaux, j’ai débuté ma carrière dans le secteur bancaire ce qui m’a amené au Crédit Agricole Nord de France, actionnaire à 100 % du groupe Ex’im. De 2019 à 2025, j’ai occupé le poste de directeur administratif et financier de Square Habitat Nord de France, la filiale immobilière du Crédit Agricole Nord de France. À la mi-2025, le Crédit Agricole m’a proposé de rejoindre Ex’im au moment du départ de l’ancien directeur général Yannick Ainouche. J’ai progressivement repris le pilotage du groupe avant d’être nommé à la direction générale depuis le 1er avril. Bien qu’évoluant dans l’environnement immobilier depuis de nombreuses années, j’avais besoin de ce temps pour m’acclimater aux spécificités techniques et réglementaires du monde du diagnostic.

Votre nomination s’accompagne-t-elle d’une nouvelle stratégie de développement du groupe ?

À la fin de l’été 2025, une réflexion a effectivement été menée avec le Crédit Agricole. Nous avons décidé de rompre avec le modèle de développement succursaliste appliqué entre 2021 et 2025 pour nous recentrer à 100 % sur notre rôle de franchiseur tant pour Ex’im que pour Defim. Concrètement, nous avons décidé de doubler les effectifs des équipes de ces réseaux pour à la fois améliorer le service proposé à nos franchisés et accélérer leur développement, à commencer par un renforcement de notre maillage territorial. Aujourd’hui, on compte 77 cabinets Ex’im et 45 sur Defim. Notre objectif est d’arriver autour des 140 cabinets d’ici la fin de l’année.

Quel modèle privilégiez-vous pour assurer votre développement territorial ?

Nous avons aujourd’hui deux positionnements assez distincts au sein de nos réseaux. Chez Ex’im, le profil type est plutôt celui d’un cabinet structuré, comptant entre cinq et dix collaborateurs, avec une couverture géographique assez large. Chez Defim, nous sommes davantage sur des structures plus légères, composées d’une ou deux personnes, avec un ancrage sur des zones géographiques plus restreintes. Notre stratégie de développement repose donc sur cette complémentarité : d’un côté, accompagner des cabinets indépendants déjà bien installés, plutôt dans l’univers Ex’im ; de l’autre, nous adresser à des profils en création d’activité, davantage ciblés par Defim.

Quel regard portez-vous sur le marché actuel et comment accompagnez-vous vos franchisés pour les aider à s’y adapter ?

La transaction reste aujourd’hui le segment qui génère le plus de volume, mais c’est aussi celui où la concurrence est la plus forte, avec des prix tirés vers le bas, en particulier dans les grandes métropoles. C’est précisément pour cela que nous accompagnons nos franchisés sur plusieurs axes. Le premier, c’est le support technique, avec un appui disponible au quotidien et un directeur technique national qui se déplace sur le terrain afin de garantir un niveau d’expertise élevé et homogène sur l’ensemble du groupe.

Le deuxième axe, c’est l’apport d’activité. Nous disposons d’une cellule dédiée qui capte des marchés nationaux, publics comme privés, avant de les redistribuer à nos franchisés, qui en assurent la réalisation. C’est un vrai levier pour leur développement, mais cela suppose aussi qu’ils disposent d’un socle de compétences suffisamment large, à la fois sur les sujets liés à l’énergie et sur ceux relevant de l’avant-travaux.

Enfin, nous cherchons à faire monter nos franchisés en compétences sur des missions plus techniques et plus différenciantes. Le réseau dispose déjà de savoir-faire spécifiques, par exemple en copropriété, dans l’industrie ou sur des environnements particulièrement techniques comme les sites nucléaires. Notre objectif est de diffuser davantage ces expertises pour permettre à un plus grand nombre de cabinets de se positionner sur des marchés plus qualifiés, souvent plus rémunérateurs et moins exposés à la concurrence frontale que le seul marché de la transaction.

Le groupe Ex’im a récemment quitté l’Alliance du diagnostic immobilier pour rejoindre SIDIANE. Pourquoi ce choix ?

Cette décision est le fruit d’une réflexion menée au cours du dernier trimestre 2025. Nous avons finalement fait le choix, collectivement, afin de pouvoir davantage agir en amont des grands enjeux du secteur, comme la création d’une convention collective. Nous voulions pouvoir être pleinement acteurs, contribuer concrètement aux travaux menés et porter les messages qui nous paraissent importants auprès de l’administration et des responsables politiques.

Et Sidiane propose également un cadre d’échange plus direct avec des confrères dont les problématiques sont proches des nôtres. Pour nous, il est important de pouvoir confronter nos points de vue et nous challenger avec des acteurs comme Diagamter, Agenda et d’autres.

 

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