ALAIN GEC (QUANTUM RX) : « JE POURRAIS VENDRE LES ANALYSEURS, MAIS JE NE SUIS PAS EN MESURE D’ASSURER LES TESTS » Profession
Après quatre ans de démarches, les analyseurs à fluorescence X équipés d’un tube générateur de rayons X sont enfin intégrés à la réglementation du Crep et du Dripp. Mais les arrêtés publiés au Journal officiel le 9 août dernier imposent des exigences qui empêchent Alain Gec, directeur général de Quantum RX, de commercialiser son appareil dans des conditions « acceptables ».
Vous attendiez ces textes depuis quatre ans. Peut-on parler de parcours du combattant ?
Oui, je ne pensais pas que cela prendrait autant de temps. Dès mars 2022, j’ai pris contact avec la Direction générale de la santé (DGS) pour présenter cette technologie, qui permet de détecter le plomb sans source radioactive. Des échanges ont été engagés et la DGS a demandé une évaluation par le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE). L’appareil a été testé en 2023. Après cette évaluation, en 2024, une saisine de l’Anses a été nécessaire. Son avis, rendu en juillet 2025, a ouvert la voie à l’utilisation de ces appareils pour le Crep et le Dripp. Il a ensuite fallu attendre la procédure européenne avec la validation de la commission européenne qui a pris 7 mois, en 2026. La publication des arrêtés, le 9 août dernier, était donc une étape très attendue.
Un soulagement ?
Sur le principe, oui : la technologie est enfin reconnue en France, alors que des appareils à tube à rayons X sont déjà utilisés sur le marché américain depuis 2022. Mais, à la lecture des textes, c’est la douche froide. L’annexe 3 de l’arrêté relatif au Crep et l’annexe 2 de celui concernant le Dripp fixent des exigences de performance dont les modalités d’application posent de sérieuses difficultés. Selon mon interprétation et qui est aussi partagée par les autres fabricant/distributeur, il faudrait réaliser environ 2 600 mesures pour chaque analyseur livré, lors des opérations de maintenance comme un remplacement de source ou lors de chaque cession. Cela représente trois jours de travail pour chaque analyseur, c’est difficilement tenable.
C’est-à-dire ?
Nous n’avons pas les ressources humaines pour le faire et en plus, nous ne disposons pas des moyens nécessaires demandés pour réaliser ces essais à répétition, notamment d’une enceinte climatique. Il faut également clarifier les exigences concernant la bibliothèque d’échantillons de référence et les vérifications à effectuer lors des opérations de maintenance. C’est frustrant après quatre années de travail, alors que les diagnostiqueurs attendaient cette alternative. Nous avons enregistré un pic de demandes après la publication des arrêtés, mais j’ai dû mettre la commercialisation en suspens…
Quelles suites comptez-vous donner à ce dossier ?
Je suis obligé de mettre l’activité de vente du X-550 Pb dédié à l’analyse du plomb dans les peintures en stand-by. Techniquement, je pourrais vendre les analyseurs, mais je ne suis pas en mesure d’assurer les tests exigés pour chaque machine dans les conditions prévues par les textes. C’est d’autant plus frustrant que la demande est là. Nous avons dû mettre en place une réponse par mail automatique pour les futurs clients qui nous contactent à ce sujet. Nous poursuivons ensemble Quantum RX, Fondis Electronic et Protec les discussions avec les ministères pour obtenir des précisions sur les modalités d’application et les ajustements nécessaires pour pouvoir reprendre la commercialisation. Je ne suis pas le seul concerné. Nous ne contestons pas la nécessité de contrôler les performances des appareils, mais pas de manière si excessive. C’est irréalisable !
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