LE DPE DOIT-IL INTÉGRER LA NOTION DE DENSITÉ ? Profession
L’étude publiée par Jinka bouscule la lecture du marché fondée sur le DPE. Alors que la méthode a déjà évolué notamment avec le coefficient de conversion de l’électricité et pour les petites surfaces, l’émergence d’un indicateur de « pollution par habitant », basé sur la densité, pose cette question : faut-il encore faire évoluer le DPE ?
C’est en tout cas ce que pense Jinka, le hub d’annonces immobilières augmentées. Il a analysé les annonces publiées sur sa plateforme ces deux derniers mois, et plus particulièrement l’empreinte carbone et l’énergie consommée par les habitations. Leur postulat est clair dans leur étude : « Le DPE est l’indicateur clé de référence pour mesurer l’impact écologique d’un bien », mais « ce serait une erreur de ne regarder que celui-ci puisque l’empreinte écologique d’un logement est multifactorielle ». L’étude déplace donc le centre de gravité : l’indicateur déterminant ne serait plus seulement la performance au mètre carré, mais la densité d’occupation.
Le principe…
Un premier exemple est avancé par l’étude : Paris. Malgré un parc ancien et de nombreuses passoires, « un logement modeste au DPE moyen génère mathématiquement moins de pollution qu’une vaste habitation bien classée mais sous-occupée ». La forte densité et les petites surfaces limiteraient mécaniquement l’empreinte par habitant. À l’inverse, l’étude met en lumière une « diagonale du vide écologique » au centre de la France. Dans des départements comme le Cantal ou la Creuse, composés majoritairement de grandes maisons individuelles peu occupées, les indicateurs « sont au rouge ». Ici, et avec ce nouvel indicateur, la faible densité et les surfaces importantes alourdissent fortement la pollution par habitant, indépendamment de la seule étiquette énergétique puisqu’avec ce calcul, « l’enjeu n’est plus seulement de réduire la consommation au m² ».
… Et des cartes rebattues logiquement ?
Quid alors des passoires thermiques de taille modeste occupées par une famille nombreuse ? Ou encore d’une longère de 200 m² que le propriétaire ne chaufferait que partiellement durant l’hiver en raison d’une « sous-occupation » ? Autant de questions qui peuvent remettre en cause la pertinence de cet indicateur. Il simplifie des réalités très diverses et peut masquer des comportements énergétiques très contrastés. Si la densité et la surface restent des critères importants, l’empreinte écologique d’un logement dépend aussi de choix individuels, de modes de chauffage, etc. reflétant ainsi la complexité réelle des comportements et des logements.
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