RENTRÉE 2026 : ÊTES-VOUS CONFIANTS POUR VOTRE ACTIVITÉ ? Profession

Publié le par Andréa Devulder

La morosité semble être le maître-mot en cette rentrée chez les diagnostiqueurs. Habitués aux évolutions réglementaires, fluctuation du marché immobilier et contrôles pour pouvoir exercer, il apparait que d’autres causes comme la guerre des prix ou encore la lassitude prennent le pas.

Cabinet anonyme, Béziers
« Je ne peux me baser que sur ce que j’entends : les agents immobiliers semblent dire que c’est très compliqué en ce moment, autant pour la location que pour la transaction. Tout tourne au ralenti. Ils disent que, forcément, les diagnostiqueurs seront impactés. Je suis inquiet… enfin, c’est un grand mot. Je prends donc tout ce qui se présente. Depuis janvier, j’ai décidé de supprimer un poste au sein du cabinet et d’investir à la place dans la communication externe. J’ai développé mes réseaux sociaux pour compenser la baisse de missions et, après huit mois, ça commence à porter ses fruits. 2026 est globalement une année en demi-teinte. »

Cabinet FBP, Villeurbanne
« Je suis moyennement confiant vu la situation et l’ambiance générale. En cause : le moral des gens, ils ont du mal à s’engager, il y a l’attitude des banques aussi et, forcément, la baisse des transactions. C’est vraiment mitigé du côté des agents immobiliers. Je suis installé depuis 1997 en tant que solo et je fais également des repérages amiante avant travaux et avant démolition. Je ne compte pas exclusivement sur ça pour m’en sortir parce que, grâce à mon ancienneté sur le secteur, les clients reviennent, ils me connaissent. Mais il y a un autre problème : la concurrence, avec des prix pratiqués très bas. Certains cabinets sont prêts à tout pour survivre. Sans compter la lassitude vis-à-vis de la DHUP ou de l’Ademe. Personne ne vient les attaquer et ils ne se remettent pas en question, notamment sur le DPE. »

Jean Lukes, cabinet Kerenova, Brest
« En termes d’activité, juillet a été un mois normal, mais août a été très calme. C’est toujours un mois avec une très forte activité ou tout l’inverse. Avant 2025, je ne faisais que de la location et de la vente, mais j’ai pris un virage l’an passé, car j’étais très engagé dans la démarche énergétique et le conseil. J’ai restructuré mon site internet en ce sens, autour du DPE, de l’audit et de l’AMO. Mais le vent a tourné : il y a de plus en plus de cabinets qui s’installent et les bureaux d’études thermiques se sont emparés du sujet de l’audit, faute de compétences suffisantes chez certains diagnostiqueurs. En 2025, je faisais encore du diagnostic à 95 %. En 2026, je me suis rendu compte que cette niche intéressante ne m’apportait pas autant d’activité que je le souhaitais. Les gens ne souhaitent malheureusement pas payer pour être conseillés. Et il y a eu pas mal de déconvenues au niveau des transactions avec les taux d’usure, les banques, etc. Avec les élections présidentielles qui auront lieu l’année prochaine, ça ne me rend pas serein non plus. Est-ce que cela va encore déboucher sur de nouvelles évolutions de la réglementation, positives ou négatives ? Le clignotant orange s’est allumé. Il me reste six ans à faire et je ne veux pas attendre. Actuellement, je restructure donc mon site, mes tarifs et mes phrases d’accroche, comme « intervention en moins de 24 h », comme le font mes concurrents, alors que je le fais sans devoir le préciser. Faut-il se faire référencer sur l’IA aussi ? À très court terme, je ne suis pas inquiet ; à moyen terme (2027-2028), il ne faut pas que je me trompe dans mes orientations. En tout cas, je compte rester impartial et valoriser ma fiabilité grâce à mes 12 ans d’expérience. »

Cabinet anonyme, Pau
« On n’anticipe plus rien, on attend. Mon cabinet existe depuis 2007 et nous proposons des diagnostics location, vente, mais aussi des repérages amiante avant démolition ou avant travaux, des DTG, des tests d’étanchéité, etc. Nous misons sur la diversification de nos activités et ce sont toujours les missions d’avant travaux qui nous ont sauvés. La période post-Covid a été très bonne et, depuis, avec la crise de l’immobilier, c’est compliqué. L’activité a toujours été plus ou moins fluctuante. On a dû supprimer la moitié des effectifs, nous sommes quatre aujourd’hui. Le carnet de commandes n’est pas rempli pour la rentrée, mais on sait que c’est toujours à la semaine. On n’a pas de vision à long terme. »

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