MARCHÉ IMMOBILIER Technique

Publié le par Alain

Si le retournement du marché immobilier est une réalité qui s’est progressivement révélée aux yeux des observateurs, le retournement de veste de la FNAIM est pour le moins soudain.

Après avoir vainement tenté ces derniers mois de minimiser l’ampleur de la crise immobilière, la FNAIM (fédération nationale de l’immobilier), par la voix de son président René Paillincourt, se rend à la raison, estimant même que « la brutalité du ralentissement de l’activité, observée tant sur le marché du neuf que sur celui de l’ancien, a de quoi surprendre les observateurs les plus avertis ». Son nouveau délégué général, Henry Buzy-Cazaux, appuie le trait sur le caractère imprévisible de cette crise que tout le monde sauf eux avait prévu : « Il est impossible de faire une prévision de l’impact du ralentissement sur l’évolution des prix. Cependant, je ne nie pas que la correction des prix dans les mois à venir puisse être plus forte que celle enregistrée au mois d’août (-1,5%). »

Il aura donc fallut l’effondrement du géant américain Lehman Brothers, annonçant avec fracas la panique des places financières mais aussi et surtout la prochaine hausse des taux du crédit immobilier pour que la FNAIM ouvre enfin les yeux sur une dure réalité : les prix de l’immobilier sont encore amenés à baisser et l’atterrissage ne se fera pas en douceur. (Une hausse des taux d’ailleurs annoncée par la ministre de l’économie, Christine Lagarde)

Avoir voulu soutenir à tout prix un marché destiné à se retourner en niant l’existence d’une crise, voilà bien là l’erreur commise par la FNAIM. Une erreur que bon nombre de ses adhérents pourraient venir lui reprocher. En effet, n’était-ce pas le rôle de la Fédération que de prévenir les agences immobilières des possibles évolutions de la situation ? Ces dernières auraient alors peut être pu agir afin de résorber, même timidement, la fuite des transactions (-34% de ventes pour l’immobilier neuf, -25% pour l’immobilier ancien). Il est peu crédible que la FNAIM se soit tout ce temps voilée la face par ignorance, chaque média, chaque site, chaque article évoquant le retournement du marché sonnant comme autant d’avertissements. Non, si la FNAIM a péché, il semblerait que ce soit dans son désir de trop bien faire, dans sa volonté de sauver l’immobilier en lui cachant sa maladie…comme si fermer les yeux suffisait à faire disparaître le monstre caché sous notre lit.

Croissance et pouvoir d’achat en berne, chute des transactions, difficultés croissantes pour obtenir un prêt immobilier, hausse des taux immo, refus quasi-systématique des banques d’octroyer un prêt relais, etc. A la vue de tant d’indicateurs, même les acheteurs ont su, bien avant la FNAIM, modifier leur comportement, n’hésitant désormais plus à négocier des prix qu’ils savent voués à la baisse. L’attentisme est donc de mise de leur côté et se sont dorénavant eux qui dicteront les lois du marché. Si les vendeurs ne prennent pas conscience de cette passation de pouvoir et ne revoient pas leurs prétentions à la baisse, le marché pourrait bien se diriger tout droit vers un blocage généralisé.

La perspective d’une paralysie du marché a effrayé la FNAIM au point de lui faire entendre raison. Celle-ci tire donc la sonnette d’alarme et en appelle aux pouvoirs publics (assainir le système financier), aux établissements bancaires (assouplir l’accès au prêt immo) et aux professionnels de l’immobilier (peser sur les vendeurs et les acheteurs afin de relancer le rythme des transactions). « Pour éviter le blocage mécanique du marché qui se dessine aujourd’hui, une action urgente mérite d’être engagée », déclare, angoissée, la Fédération nationale de l’immobilier.

Source Diagnostic-expertise.com

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