SILICE CRISTALLINE : UN « RISQUE SANITAIRE PARTICULIÈREMENT ÉLEVÉ » SELON L’ANSES Technique

Publié le par Alain

Une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire confirme la dangerosité et le caractère cancérigène des poussières de silice cristalline, omniprésentes notamment dans le BTP.


Anses publie ce mercredi les résultats de son expertise relative aux risques pour la santé des travailleurs exposés en France à la silice cristalline, minéral mis en œuvre ou présent dans de très nombreux secteurs d’activité. En France, près de 365 000 travailleurs seraient exposés par inhalation à la silice cristalline, en particulier au quartz. L’Anses estime entre 23 000 et 30 000 le nombre de travailleurs exposés à des niveaux excédant la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) de 0,1 mg.m-3 actuellement en vigueur.

 

La silice existe à l’état libre sous forme cristalline ou amorphe, et à l’état combiné sous forme de silicates. Les principales variétés cristallines de la silice sont le quartz, la cristobalite et la tridymite. À l’état naturel, la silice cristalline (et notamment le quartz) est présente dans de nombreuses roches (grès, granite, sable …). De ce fait la silice cristalline est présente dans de nombreux produits comme les bétons, les mortiers, les enduits de façade…

 

Une liste de travaux susceptibles d’exposer au risque d’inhalation de poussières de silice cristalline est consultable sur le site de l’InVs.


Au vu du niveau de preuve sur les effets sanitaires associés à la silice cristalline et des niveaux d’exposition estimés, l’Agence conclut à l’existence d’un risque sanitaire particulièrement élevé pour la population professionnelle exposée à des niveaux supérieurs ou équivalents à la VLEP actuelle.


Compte tenu des effets sanitaires d’une part, et des données d’exposition françaises collectées d’autre part, l’expertise de l’Anses conclut à l’existence d’un risque sanitaire particulièrement élevé pour la population professionnelle exposée à la silice cristalline à des niveaux supérieurs ou équivalents à la VLEP de 0,1 mg.m-3 actuellement en vigueur en France.

 

Une série de recommandations pour améliorer la prévention


L’Agence émet donc une série de recommandations afin d’accentuer la prévention des expositions, réviser la VLEP, faire évoluer la surveillance médicale, et engager la révision des tableaux des maladies professionnelles existants.


L’Anses recommande notamment une série de mesures en termes de prévention et de maîtrise des expositions en milieu professionnel, de surveillance médicale et de reconnaissance des maladies professionnelles.


En termes de prévention, l’Anses rappelle en premier lieu la nécessité d’appliquer les mesures de prévention définies par la directive 2004/37/CE concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérogènes ou mutagènes au travail. En effet, les « travaux exposant à la poussière de silice cristalline alvéolaire issue de procédés de travail » ont été considérés comme cancérogènes et inscrits dans l’annexe I de cette directive. Ainsi, l’Anses recommande de transposer rapidement en droit français les conséquences de cette inscription. Elle recommande également de réviser les VLEP pour la silice cristalline, jugés insuffisamment protectrices, sans faire de distinction entre ses différentes formes.


En termes de surveillance médicale, l’Anses recommande notamment des évolutions du diagnostic et du dépistage de certaines pathologies (silicose, tuberculose, pathologies rénales…) pour des sujets exposés ou ayant été exposés professionnellement à la silice cristalline.


Enfin, l’Anses recommande que la révision des tableaux de maladies professionnelles en lien avec la silice cristalline soit engagée.


En complément, l’agence préconise également la réalisation d’études afin d’améliorer les connaissances sur la prévalence des expositions, sur la métrologie et sur les effets sanitaires.

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