BILAN DU SNDI 2009 Technique

Publié le par Alain

Le Salon national du diagnostic immobilier (SNDI) a bien eu lieu. Mais malgré une fréquentation bien supérieure aux deux derniers grands rendez-vous du diagnostic immobilier, ce Sndi confirme le désintérêt des professionnels pour ce type de salon. Comme annoncé en janvier aux états généraux de la FIDI, l’organisation d’un évènement unique majeur est actuellement en négociation. Néanmoins, l’édition 2009 aura été marquée par quelques faits politiques et professionnels non sans intérêts dont le rapprochement confirmé de trois des principales fédérations ou confédérations du diagnostic immobilier, la présentation « en avant-première mondiale » par Fondis electronic d’un “détecteur d’amiante“ et des nouvelles du processus de surveillance de la certification. Bilan du Sndi 2009.

Un salon pris en otage.

La préparation du Salon national du diagnostic immobilier aura été perturbée jusqu’au dernier jour, parfois de façon violente, par de fortes rivalités internes à la CFDI (Confédération nationale du diagnostic immobilier) qui ont sans aucun doute contribué à en limiter l’attrait. Le mouvement de grève national du 19 mars ayant déjà freiné l’ardeur des plus courageux. Ce qui ne remet pas en cause l’organisation maintenant bien huilée de la société Concio prod.
Environ 700 entrées ont été enregistrées sur les deux jours. Les conférences et les ateliers se sont déroulés devant des rangs clairsemés tandis que quelques intervenants n’ont pu se déplacer jeudi.

Une avant-première mondiale

Dans le salon des annonceurs, Fondis electronic a créé l’évènement en présentant « en avant-première mondiale » le premier analyseur d’amiante portatif baptisé « Phazir Amiante ». Il s’agit d’un appareil basé sur la technologie non destructive NIR (spectrométrie proche infrarouge), ressemblant dans sa forme et sa présentation à l’analyseur plomb de la même marque, qui permet d’analyser et d’identifier les fibres d’amiante par simple contact direct avec un matériau. Il suffit d’appliquer la tête de mesure sur la zone à analyser et d’actionner la gâchette. Il ne peut toutefois pas analyser les surfaces recouvertes d’un revêtement (peintures ou autres). Selon un communiqué de Fondis electronic, il fournit des résultats fiables en moins de 7 secondes.

L’utilisation de cet outil révolutionnaire par les professionnels du diagnostic immobilier restera encore un certains temps assez limitée puisqu’il devra nécessairement être “validé“ par les ministères. Les textes actuels ne permettant pas en effet de l’utiliser exclusivement pour les diagnostics amiante. « Il est possible d’utiliser cette technique comme outil d’aide à la décision sur des chantiers amiantes » selon Alain Gec de Fondis electronic.

L’appareil sera commercialisé à partir du 2 avril prochain par Fondis electronic uniquement en location évolutive pour un coût d’environ 700 euros par mois.

Du nouveau pour la certification.

Au chapitre purement professionnel, M. Michel JEAN-FRANÇOIS de la DGALN représentant la sous-direction de la qualité de la construction nous a confié la préoccupation des ministères concernant quelques « cafouillages » dans la mise en place du processus de surveillance. Processus qui a beaucoup évolué ces derniers mois alors même qu’il avait été défini précisément dans les arrêtés de compétences et que les premières opérations de surveillance ont déjà débuté pour les premiers certifiés dans certains organismes.
Une réunion de coordination devrait avoir lieu pour gommer très rapidement les incohérences issues du document du Cofrac révisé à la surprise générale en décembre dernier. Il ne sera pas question par exemple, selon M. Jean-François, de suspendre la certification d’un professionnel s’il n’a pas réalisé de Dripp (Diagnostic du risque d’intoxication au plomb dans les peintures) ou de repérage d’amiante avant démolition. Selon M. Jean-François, le nombre de rapports à prélever par les certificateurs pourrait évoluer à la baisse à condition que ses services aient la garantie des organismes de certification que les compétences des certifiés puissent être contrôlées efficacement.

En revanche la liste, ou tableau de bord, demandée aux diagnostiqueurs ne sera pas remise en cause même si le représentant des ministères préconise une certaines souplesse dans son application au démarrage.

Pour ce qui concerne les modalités de re-certification, les premières devant avoir lieu pour beaucoup dès 2012, il est très probable qu’elles seront allégées et moins coûteuses poiur les diagnostiqueurs. Il s’agira de bien marquer la différence entre une certification initiale et le contrôle des compétences d’un opérateur expérimenté.

En tout état de cause, beaucoup de diagnostiqueurs vont devoir prendre conscience que la certification n’est pas seulement un examen à passer, mais un véritable processus de contrôle et de validation de leurs compétences, et de leur mise à jour, tout au long de leur activité.

Front commun entre la Fneci, la FIDI et la CFDI.

Sur le plan politique, les quatre principales fédérations ou confédérations professionnelles du diagnostic étaient présentes à l’invitation de la CFDI et de son président Joël Confoulan. La Fneci (Fédération nationale des experts de la construction et de l’immobilier), la FIDI (Fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier, la CDI Fnaim (Chambre des diagnostiqueurs immobiliers de la fédération nationale de l’immobilier) disposaient notamment de stands au sein du salon.
Mais à la tribune de la conférence « eucuménique » du vendredi, un absent de taille : la CDI Fnaim. La chambre des diagnostiqueurs de la première fédération de l’immobilier, dont le stand avait déjà été relégué à l’écart des autres associations, n’y était pas conviée.

Les trois autres organisations représentatives des diagnostiqueurs discutent depuis plusieurs mois afin de mettre en place un socle commun de revendications auprès des pouvoirs publics et des différents partenaires. L’objectif annoncé officiellement étant de « parler d’une seule voix ». Ils annoncent d’une même voix, donc, la constitution de règles déontologiques communes et l’organisation d’un « évènement unique majeur » qui remplacera les trois salons annuels : le Sndi, les JDI et les Etats généraux du diagnostic immobilier.

Alliance de circonstances, entre trois fédérations ou confédérations qui ont vu surgir depuis plusieurs mois des oppositions diverses plus ou moins pérennes et organisées.

La 3ème édition du Sndi a confirmé qu’il ne faut pas attendre un rapprochement de ces fédérations au-delà de quelques thèmes consensuels tant les inimitiés restent vives entre les trois présidents et les intérêts de leurs structures divergeant.

Alain Périé
Réactions et commentaires sur les forums de diagnostiqueur-immobilier.fr dans le sujet ouvert à cet effet.

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