DANS LES MÉDIAS (OUEST-FRANCE.FR) Technique
La mise en valeur de propriétés pour mieux les vendre se développe. Une pratique importée des pays anglo-saxons, nommée là-bas home staging. Elle fait des adeptes, par temps de crise immobilière…
90 secondes. Pas plus. C’est le temps qu’il faudrait à un acheteur pour juger un bien. « S’il est trop meublé pour donner une juste idée de l’espace, si la décoration est trop typée, ça casse la vente », affirme Marie Goguet, décoratrice niçoise spécialisée, depuis juillet, dans le « home staging » ou « mise en scène » de propriétés pour mieux les vendre.
Tout sauf de la déco. Désencombrer, dépersonnaliser, réparer, nettoyer, réagencer, optimiser, revaloriser par quelques objets. Voilà « les sept commandements ». « Tout élément apporté, quelques coussins, un coup de peinture, ne doit être que correcteur ».
Mise en pratique. Dans un65 m2 rennais dont la propriétaire désespère de trouver preneur. Un appartement surestimé par une agence, passé dans le giron d’une autre, qui a fait appel à Marie Goguet pour le rendre plus séduisant. La voilà qui déboule, à 10h, avec neuf personnes ! La dame fait aussi de la formation. Il y a un agent immobilier en panne de signatures de compromis (le tiers des stagiaires de Marie). Et puis le jeune employé d’un magasin de bricolage, des femmes au foyer, une ancienne économe en village de vacances, une commerçante qui ne vend plus de fringues… Tous rêvent de s’installer. L’impact de la télé, avec des émissions comme Maisons à vendre, sur M6, « qui montre un peu trop de gros oeuvre pour bien représenter l’activité », reproche Marie Goguet.
Combien ça coûte ? « La prestation (un diagnostic, suivi d’une intervention d’une journée, parfois assortie d’une mise en rapport avec de jeunes entreprises pour repeindre une pièce, poncer un parquet) ne doit pas dépasser 2 % du prix de vente. On peut utiliser des chèques emploi service, déductibles des impôts, pour faire quelques travaux. »
« On s’arrête à 17 h ! » La propriétaire gentiment chassée des lieux, Marie passe à l’attaque, répartit ses stagiaires dans chaque pièce. Le surplus de tapis, photos, bibelots, soigneusement emballé, part à la cave. L’occupante pourra, si elle veut, les remettre en place entre deux visites. Dans le séjour, le canapé tourne le dos à une vue magnifique. On le déplace, on enlève les voilages, on fait les vitres. Quelques achats (couvre-lits unis, boules japonaises, casiers pour la salle de bain) contribuent à moderniser et harmoniser le lieu. Marie Goguet les récupérera après la vente.
« Ce n’est plus mon univers… » À son retour, la propriétaire a perdu ses marques, mais reconnaît : « Vous avez drôlement bien travaillé ». Marie la pousse à décoller la moquette pour dégager le parquet, plus vendeur. Pas gagné, mais la prestation (12 € du m2) s’arrête là… Les stagiaires soufflent au terme de trois jours de formation à 1 000 € comprenant des conseils sur la gestion et la création d’entreprise.
« C’est sûr, on compte profiter de la crise immobilière », reconnaît Sophie, l’ancienne économe. Pour elle, le stage était la dernière étape avant son installation à Lannion. Par rapport aux autres, elle a déjà fait son étude de marché, noué des contacts avec des agences. « Le coaching est dans l’air du temps, elle le sait. Mais ne s’y impose pas qui veut… »
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