DANS LES MÉDIAS (OUEST-FRANCE.FR) Technique

Publié le par Alain

Le dirigeant est écroué pour avoir enfoui de l’amiante en cachette. Le tribunal en a tiré les conséquences. Les 17 salariés sont au chômage.
Drôle de cadeau de Noël pour les 17 salariés de C-DEC, une entreprise de démolition et de désamiantage installée à Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). Mercredi 24 décembre, le tribunal de commerce de Rennes a prononcé la liquidation judiciaire de cette Sarl. « Le 31 décembre, le liquidateur va nous remettre nos lettres de licenciement », constate Gérard Pigeon, chauffeur de camion et délégué CGT de l’entreprise.

Mais le tribunal pouvait-il prendre une autre décision, en l’absence de capitaine à la barre du navire ? Le patron de la C-DEC, Daniel Couet, 53 ans, est emprisonné depuis la fin novembre. Un juge d’instruction rennais l’a mis en examen pour « dépôt, transport et élimination irréguliers de déchets générateurs de nuisance ». Autrement dit, on reproche à Daniel Couet d’avoir illégalement enfoui des gravats contenant de l’amiante, dans une dizaine d’endroits. Autour de Rennes, mais aussi dans des départements limitrophes.

« Aucune formation sur l’amiante »

Selon le procureur de Rennes, « le chef d’entreprise a été écroué pour éviter tout risque de pression sur les témoins ». L’affaire est sensible, puisque le site de la C-DEC, au lieu-dit « La Lande fleurie », à Bain-de-Bretagne, a été placé sous scellés. Faudra-t-il décontaminer ces ateliers ? Et qu’en est-il des autres sites, ceux où l’amiante est enfoui illégalement ? Sans parler du matériel de l’entreprise, disséminé sur plusieurs chantiers de déconstruction.

Autre question : en travaillant parfois sans masque, comme l’ont constaté les gendarmes lors de leur enquête, les désamianteurs, pelleteurs et chauffeurs ont-ils trop aveuglément fait confiance à leur patron ? « Nous n’avons reçu aucune formation pour reconnaître l’amiante, témoignait Gérard Pigeon, dans notre édition du 9 décembre. J’amenais les bennes dans des décharges contrôlées. Les autres, je ne sais pas. »

Après un mois de chômage technique, les dix-sept salariés sont désormais au chômage tout court. Ils auront droit à deux mois de salaire, à une prime de licenciement… Mais ce n’est pas le plus important à leurs yeux. « Nous envisageons de porter plainte contre X, confirme le délégué CGT, pour exposition à l’amiante. »

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