LA BIOMASSE Technique
La biomasse peut être utilisée en bois énergie pour les appareils de chauffage domestique, en chauffage collectif industriel avec une contrainte d’approvisionnement et un coût d’investissement très lourd. Mais elle sert également à fabriquer soit de l’électricité (de manière très marginale en France actuellement), soit des biocarburants. Ces derniers proviennent de deux sources : la betterave ou le blé pour l’éthanol (=essence), les oléagineux (par exemple du colza) que l’on incorpore dans le carburant pour donner du biocarburant.
Les ressources en biomasse peuvent être classées en plusieurs catégories, selon leurs origines :
– le bois, sous forme de bûches, granulés et plaquettes;
– les sous-produits du bois qui recouvrent l’ensemble des déchets produits par l’exploitation forestière (branchage, écorces, sciures…), par les scieries (sciures, plaquettes…), par les industries de transformation du bois (menuiseries, fabricants de meubles, parquets) et par les fabricants de panneaux ainsi que les emballages tels que les palettes;
– les sous-produits de l’industrie tels les boues issues de la pâte à papier (liqueur noire) et les déchets des industries agroalimentaires (marcs de raisin et de café, pulpes et pépins de raisin etc.);
– les produits issus de l’agriculture traditionnelle (céréales, oléagineux), résidus tels que la paille, la bagasse (résidus ligneux de la canne à sucre) et les nouvelles plantations à vocation énergétique telles que les taillis à courte rotation (saules, miscanthus, etc);
– les déchets organiques tels que les déchets urbains comprenant les boues d’épuration, les ordures ménagères, et les déchets en provenance de l’agriculture tels que les effluents agricoles.
En 2007, la biomasse représente 71% de la production de chaleur renouvelable, 50% de la production totale d’énergie renouvelable (chaleur, électricité et carburants), et 5% de la consommation finale d’énergie de notre pays. Les 9.4 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) consommés sous forme de chaleur le sont essentiellement dans le secteur résidentiel puisque la consommation de chauffage au bois domestique s’élève à 7.4 Mtep (source : Direction Générale de l’Energie et du Climat).
UN ENJEU MAJEUR DU GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT
Pour passer de 10 à 20% voire à 25% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale en France, toutes les filières doivent être mobilisées. En particulier, l’énergie produite à partir de la biomasse sous forme de chaleur et d’électricité devra être portée à 17.9 Mtep contre 9.4 Mtep actuellement. Dans le secteur des transports, les biocarburants représenteront, en 2020, 4Mtep.
Si l’objectif du chauffage au bois stagne à 7.4 Mtep en 2020, cela s’explique grâce aux progrès technologiques (rendement des appareils de chauffage plus élevé). « La consommation finale de bois sera moindre pour une couverture des besoins en énergies plus importante », souligne Damien Mathon.
Ainsi, l’amélioration des appareils de chauffage au bois domestique permettra d’équiper 9 millions de logements contre près de 6 millions aujourd’hui avec une consommation de combustible égale. En effet, près de 4 millions d’appareils anciens seront remplacés par des appareils modernes peu consommateurs de bois (source : Comité Opérationnel du Grenelle de l’Environnement).
Aujourd’hui, il existe trois types de chaudières :
– les chaudières à bois buche dont le prix est d’environ 4.000 euros (avec un rendement de 70%),
– les chaudières à granulé qui oscille entre 8.000 et 10.000 euros (dont le rendement = 90%),
– et enfin, les chaudières à plaquette avec un coût moyen de 15.000 euros. Ces dernières sont le plus souvent utilisées chez les agriculteurs qui ont un gros besoin de chauffage.
Depuis 10 ans, le nombre de ventes de chaudières ne cessent d’augmenter avec un pic en 2006, où près de 500.000 appareils de chauffage ont été vendus (hors cheminées ouvertes). Cela s’explique par 3 facteurs essentiels : le prix des autres énergies a fortement augmenté, les fabricants ont fait énormément de progrès techniques (rendements, fiabilité du matériel…), et surtout la mise en place du crédit d’impôt au 1er janvier 2005 (40% du coût de l’équipement total en 2009) et une TVA réduite de 5.5% (matériels et main-d’œuvre) dans les logements de plus de deux ans, jusqu’au 31 décembre 2010. Ainsi, une chaudière à bois coûte environ 2.400 euros (ce qui revient moins cher qu’une chaudière à gaz ou au fioul).
L’enquête 2005 du Centre d’Etudes et de Recherches Economiques sur l’Energie (CEREN) relative aux ménages qui se chauffent au bois et à l’électricité a permis de déterminer qu’en moyenne le foyer réalise une économie de 40%, soit environ 3.000 kWh de chauffage électrique.
AVANTAGES ET LES INCONVENIENTS
Les avantages
> La production de ces matières premières, présentes en grande quantité sur le sol français, permet de garantir la pérennité des énergies qu’elles produisent.
> Elles limitent considérablement les émissions de gaz à effet de serre (CO2), réduisent notre production de déchets et contribuent donc à la préservation de notre environnement.
> Elles permettent de maintenir et développer l’activité agricole en milieu rural et de proposer aux filières agricoles de nouveaux débouchés, autres qu’alimentaires.
> Elles permettent également de réduire l’importation de ressources fossiles (pétrole, gaz et charbon).
> Le prix du bois bûche est très compétitif (environ 3 fois moins cher que l’électricité, pratiquement 2 fois moins cher que le gaz).
Les inconvénients
> Leur rendement énergétique est très faible.
> La biomasse n’est pas éternelle. Quand on l’exploite de manière naturelle elle est peu menacée mais lorsqu’il s’agit d’une biomasse cultivée ou d’une surexploitation massive comme la déforestation déraisonnable, la production d’une telle énergie peut rapidement avoir de lourds impacts environnementaux.
> Les autres inconvénients sont d’ordre plus pratique : le chargement de l’appareil de chauffage au bois n’est pas automatique ! L’utilisateur doit lui-même mettre le bois dans la chaudière. De plus, il doit disposer de place suffisante : 3 à 4 m3 pour une chaudière à bois buche, environ 15 m3 pour une chaudière à granulé (pour un hiver).
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