LE CONSEIL ÉNERGÉTIQUE : UN NOUVEAU GISEMENT DE VALEUR POUR LES DIAGNOSTIQUEURS Technique
Les professionnels du diagnostic immobilier le savent, le bâtiment est, en France, le premier secteur consommateur d’énergie, et l’un des principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre (19 % des émissions nationales en 2006). En outre, ses émissions ont augmenté de 13 % entre 1990 et 2006. Le secteur du bâtiment est généralement considéré comme un gisement important de réductions des émissions de gaz à effet de serre à bas coût. Le Grenelle de l’environnement a donc considéré ce secteur comme prioritaire. L’objectif à atteindre en 2050 : division par quatre des émissions de gaz à effet de serre (facteur 4). Pour cela, les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre (GES) devront être réduites de 20 % pour le tertiaire et pour le résidentiel d’ici à 2012 et de 30 % d’ici à 2020.
Outre 800 000 logements sociaux, plus de 20 millions de logements seront donc à rénover d’ici à 2050 rien que pour le secteur du résidentiel qui représente les deux tiers des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre du bâtiment. Il est prévu 400.000 rénovations en 2012 dans le parc de logements privés.
Une opportunité pour l’activité économique et l’emploi.
Ce chantier est une priorité pour l’environnement mais c’est aussi une extraordinaire opportunité durant les quatre ou cinq prochaines décennies pour l’activité économique et pour l’emploi et, espérons-le, pour le pouvoir d’achat des occupants, particulièrement des plus démunis. La mise en œuvre à grande échelle du programme de réduction des consommations énergétiques des bâtiments prévu par le Grenelle de l’Environnement réduira durablement les dépenses énergétiques, améliorera le pouvoir d’achat des ménages et contribuera à la réduction des émissions de CO2.
Le chiffre d’affaires du secteur de la rénovation devrait être multiplié par plus de deux d’ici 2012 pour atteindre environ 20 milliards d’euros par an, ce qui devrait amener la création nette de 120 000 emplois directs. Ce programme représente donc un axe essentiel de soutien à l’économie, en cohérence avec le plan de relance de l’économie française.
Le conseil énergétique : une activité avant d’être un métier
Le conseil en amélioration énergétique est donc ainsi appelé à se développer très fortement. D’ailleurs l’heure est au recrutement dans les Espaces info énergie. D’ici à 2010, le nombre de ces structures (issues de contrats entre collectivités ou associations avec l’Ademe) va doubler et passer de 175 à 350). Elles emploieront donc en France 600 de ce qu’on appelle des conseillers info énergie, au lieu de 300 aujourd’hui.
Réalisable par les bureaux d’études, les artisans, les maîtres d’œuvre, les artisans, le conseil énergétique est une activité supplémentaire source de valeur ajoutée en intégrant la relation de conseil aux clients.
Le conseil énergétique consiste d’abord à “diagnostiquer“ un bien immobilier existant sur l’ensemble de son aspect énergétique. Puis à proposer des solutions globales d’amélioration. Outre les aspects énergétiques du bâtiment et de ses systèmes, le conseiller énergétique doit maîtriser les mécanismes de financement et la hiérarchisation des travaux, chiffrer les coûts et définir le retour sur investissement. Une sorte de “DPE plus“ dont le tarif sera nettement supérieur à celui du diagnostic de performance énergétique.
Il s’agit donc d’une énorme opportunité à saisir par les diagnostiqueurs immobiliers passionnés par la performance énergétique des bâtiments et surtout par leur rôle de conseil, essentiel dans cette activité.
Alain Périé
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