LE RISQUE RADON Technique

Publié le par Alain

…accueillant du public : les établissements d’enseignement, les établissements sanitaires et sociaux disposant d’une capacité d’hébergement, les établissements thermaux et les établissements pénitentiaires. Si la concentration mesurée est supérieure à 400 Bq/m3, ils sont tenus à une obligation de travaux.

Le radon est un gaz naturel inerte et radioactif (dépourvu, comme le monoxyde de carbone, d’odeur, de couleur ou de goût) issu du radium qui fait partie de la chaîne de désintégration de l’uranium, élément que l’on trouve en quantités variables dans toutes les roches et les sols de la planète. Le sol libère facilement le radon qui, dans l’air, se fixent sur les aérosols, les poussières ou les particules dans l’air que nous respirons, se déposant sur les cellules des parois des voies respiratoires. Les particules du radon ont alors la possibilité d’endommager l’ADN et, potentiellement, de provoquer des cancers pulmonaires. Selon de récentes estimations de l’OMS, 6 à 15 % des cancers pulmonaires seraient imputables au radon.
A cause de la dilution, les taux de radon dans l’air extérieur sont en général très faibles. L’exposition est de loin la plus forte dans les habitations. Le radon pénètre dans les maisons par des ouvertures telles que des fissures dans le béton à la jonction du sol et des murs, des trous dans le plancher, de petits pores dans les murs en briques creuses, les puisards et les égouts. La concentration en radon dans une habitation dépend de la quantité d’uranium présente dans les roches ou le sol sur lequel elle est construite, des voies d’infiltration et des échanges d’air entre l’intérieur et l’extérieur. Il en résulte que les concentrations en radon sont généralement plus élevées dans les sous-sols, les caves et toute structure en contact avec le sol. Sa concentration est mesurée en becquerels (Bq).
Les échanges d’air entre l’intérieur et l’extérieur dépendent de la construction de la maison, des habitudes des résidents en matière d’aération et de l’étanchéité des fenêtres. Les concentrations en radon peuvent varier énormément entre deux maisons adjacentes et, à l’intérieur d’une même habitation, suivant les saisons, les jours et même les heures. A cause de ces fluctuations, l’estimation de la concentration moyenne annuelle en radon dans l’air intérieur suppose de procéder à des mesures fiables des moyennes pendant au moins trois mois, et de préférence encore plus longtemps. Les mesures sur le court terme ne donnent que des informations limitées. En France, les régions les plus concernées par une exposition au radon sont la Bretagne, le Massif, central et les Vosges. On compte environ 2.500 décès par cancer chaque année qui ont pour origine une exposition au radon.

Comment fonctionne un dosimètre ?

Le principe d’un dosimètre est le même que celui de la photographie. Les particules alpha émises par le radon heurtent le film du dosimètre. Un procédé chimique permet de révéler les impacts sur ce film.
Un micro-ordinateur associé à un microscope, auquel est raccordée une caméra, reconnaît ces impacts et les compte. La mesure du radon est régie par des normes AFNOR qui stipulent que les instruments utilisés doivent être recalibrés sur la base d’un étalon.

L’interprétation des résultats.

Sur avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France et en l’état actuel des connaissances, les pouvoirs publics ont fixé le seuil d’alerte à 1000 Bq/m3 et le seuil de précaution à 400 Bq/m3, valeur incitative pour les bâtiments existants.

La valeur guide de 200 Bq/m3 a été retenue pour les bâtiments à construire.
En résumé :
en dessous de 400 Bq/m3 : la situation ne justifie pas d’action correctrice particulière ; aérer et ventiler permet cependant d’améliorer la qualité de l’air intérieur des locaux et d’abaisser la concentration en radon ;
entre 400 et 1000 Bq/m3 : il est souhaitable d’entreprendre des actions correctrices simples afin d’abaisser la concentration de radon en dessous de 400 Bq/m3 et à un seuil aussi bas que possible ;
au delà de 1000 Bq/m3 : des actions correctrices, éventuellement d’envergure, doivent être impérativement conduites à bref délai car le niveau de risque peut être important.
En cas de résultats supérieurs à 400 Bq/m3, il est souhaitable de faire réaliser un diagnostic du bâtiment afin de connaître les voies d’entrée du radon et mettre en œuvre les techniques de réduction éventuellement nécessaires.

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