LES DIAGNOSTIQUEURS ABORDENT LE DÉCONFINEMENT EN PLEIN DOUTE Technique

Publié le par Alain

Revenues progressivement sur le marché depuis mi-avril, la plupart des entreprises de la filière sont désormais en capacité de répondre aux demandes de leurs clients. Mais ces derniers seront-ils au rendez-vous ?

 

Pour les diagnostiqueurs, la rentrée des classes se fait en ordre serré, mais à pas comptés, sur un marché très incertain.


Le 16 mars, 85% des entreprises de diagnostics immobiliers stoppaient subitement tout ou partie de leur activité suite aux annonces du Président de la République et à l’appel de leurs organisations professionnelles. Ce 11 mai, ils sont sensiblement le même nombre à reprendre sur un marché totalement bouleversé par cette pause de près de deux mois dans un contexte de crise sanitaire et économique totalement inédit. 


Beaucoup de diagnostiqueurs n’ont cependant pas attendu la fin du confinement pour rependre une activité, même partielle. Depuis mi-avril, et la publication du protocole de préconisations sanitaires de la filière, les entreprises de diagnostics immobiliers sont fortement incitées à jouer pleinement leur rôle dans la reprise économique du pays.


En lançant, mardi 28 avril, une seconde phase de reprise en sites occupés, la CDI FNAIM a même donné un spectaculaire coup d’accélérateur à ce retour aux affaires des diagnostiqueurs.

 

L’activité de ces prochaines semaines, la grande inconnue

 

« Prenant acte du chemin étroit décrit par le Premier Ministre Edouard Philippe dans son discours devant les députés le 28 avril, entre la responsabilité sanitaire et la responsabilité économique », les entreprises et réseaux adhérents à la CDI FNAIM, comme Diagamter, EX’IM, AC Environnement ou encore LD2i, ont immédiatement mis la théorie en pratique en annonçant la reprise de tous les types de prestations dans les bâtiments, avec les mesures sanitaires appropriées. Les autres acteurs de la filière devraient rapidement suivre le mouvement dans les prochains jours.

 

Les enjeux économiques ont définitivement pris le pas sur les risques sanitaires.


Ainsi, désormais, la filière est de nouveau en capacité de répondre à toutes les demandes de diagnostics immobiliers de leurs clients. Mais ceux-ci seront-ils au rendez-vous ? C’est la grande inconnue. Cette deuxième quinzaine du mois de mai devrait cependant apporter quelques premiers enseignements sur la capacité des marchés de l’immobilier et du bâtiment à retrouver un semblant d’activité.


La reprise de l’ensemble des professionnels administrateurs de biens devrait assurer l’effet de rattrapage attendu sur les diagnostics locatifs dont le flux pourrait reprendre assez rapidement, tandis que sur le marché de la vente, la demande de diagnostics immobiliers pourrait aussi bénéficier d’un petit rebond technique salutaire avant l’été. Ce sont en effet 120 000 ventes qui n’ont pu être réalisées durant les presque deux mois du confinement selon le dernier baromètre de MeilleursAgents.com, mais, à moyen terme, certains observateurs du marché immobilier redoutent un attentisme des acquéreurs et des vendeurs. Les incertitudes liées aux revenus et une baisse prévisible des prix pourraient en effet en inciter beaucoup à reporter leur projet immobilier.


Le dispositif de chômage partiel, variable d’ajustement


En ce qui concerne le marché des repérages amiante, selon l’avis de plusieurs acteurs de la filière consultés par DiagActu ces derniers jours, l’activité pourrait ne reprendre au mieux qu’en septembre. Seules les entreprises titulaires de marchés publics importants ont sans doute davantage de visibilité sur les semaines à venir.


Dans ce contexte très incertain, beaucoup d’entreprises de diagnostics immobiliers ont prudemment réduit la voilure. De nombreux salariés restent encore en chômage partiel, un dispositif qui devrait d’ailleurs être la principale variable d’ajustement pour la filière dans cet après 11 mai. Nombre de chefs d’entreprises sont en effet bien décidés à prendre la température du marché avant de remettre leurs salariés dans le grand bain. Ainsi, dans un premier temps, ce sont des équipes restreintes qui devraient assurer l’activité. Mais avec le durcissement annoncé du dispositif -à partir du mois de juin, l’Etat va diminuer de façon progressive sa prise en charge- ces entreprises vont devoir assumer le reste à charge du chômage partiel. Cette situation ne pourra donc durer éternellement.

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