LES FIBRES COURTES D'AMIANTE Technique

Publié le par Alain

Les dispositions réglementaires relatives à la protection de la population générale et professionnelle contre les risques liés à l’inhalation de poussières d’amiante prévoient des mesures de niveau d’empoussièrement en fibres d’amiante. Or, suite à un consensus adopté à la fin des années 1960 au sein de l’OMS, seules les fibres dont la longueur est supérieure à 5 microns, la largeur inférieure à 3 microns et le rapport longueur sur largeur supérieur à 3, sont prises en compte dans la réglementation internationale. Les fibres courtes d’amiante (FCA : longueur L <5 microns, diamètre d <3 microns et rapport L/d ≥ 3) ne sont donc mesurées ni en milieu professionnel ni en environnement général. Les fibres fines d’amiante (FFA : L ≥ 5 microns, d < 0,2 microns et L/d ≥ 3) font quant à elles l’objet de mesures en environnement général extérieur comme intérieur, mais sont exclues des études d’expositions « actives » aux postes de travail. En 2003, de Dodson et al. ont interpellé la communauté scientifique sur la pathogénicité éventuelle liée aux fibres courtes d’amiante dans une publication intitulée « Asbestos fiber length as related to potential pathogenicity : a critical review », parue dans « American journal of industrial medicine ». Ces nouvelles données justifient diverses interrogations sur la pertinence de la prise en compte des risques liés à l’amiante dans la réglementation. Dans un communiqué publié le 17 février, les ministères en charge de la santé, de l’environnement, du travail et du logement ont déclaré que l’avis de l’AFSSET conduit le gouvernement à prendre des mesures d’adaptation. En environnement professionnel, la valeur limite d’exposition devrait être réexaminée. Le communiqué précise que les modalités seront définies à partir de propositions de l’Afsset disponibles à la fin du mois de mars 2009 et que la mise en œuvre d’une nouvelle méthodologie de mesure fera l’objet d’une concertation avec les parties concernées afin d’adapter les modalités de mise en œuvre et d’organiser l’accréditation des laboratoires. Le seuil de déclenchement de travaux en environnement général intérieur (établissements accueillant du public) devrait également être révisé et la question des fibres courtes devrait faire l’objet d’une concertation. La surveillance environnementale devrait être également accrue. Selon le communiqué, le ministère de l’environnement pilotera la réalisation d’un recensement exhaustif des zones amiantifères sur tout le territoire national. Des décisions en matière de gestion de ce risque seront définies sur la base du rapport de l’Afsset sur l’amiante environnemental dont la publication est attendue d’ici la fin du trimestre. Enfin, le programme national de surveillance des mésothéliomes (PNSM) mis en place par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en 1998 doit être renforcé pour mieux répondre à toutes les questions relatives à la connaissance et au suivi des effets à long terme de l’exposition à l’amiante. Cela devrait mener à un renforcement du programme, via notamment un enregistrement obligatoire dès 2010 de tous les cas de mésothéliomes survenant dans la population sur l’ensemble du territoire, quelle que soit la localisation de la tumeur. Le groupe de travail interministériel amiante et fibres créé en 2008 devrait être en charge de la coordination des actions de ce plan qui, selon le communiqué, sera inscrit dans le PNSE 2, le deuxième plan national santé environnement. Pour consulter l'avis et le rapport de l'Afsset, clique sur le lien ci-dessous.

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