TENSIONS SUR L’ASSURANCE RC PRO DES DIAGNOSTIQUEURS ! Technique

Publié le par Alain

Si 81% des diagnostiqueurs que nous avons interrogés déclarent entretenir de bonnes relations avec leur assureur, nombre d’entre eux sont confrontés à des hausses de leur prime d’assurance RC Pro. Une problématique qui n’est pas nouvelle, mais dont les effets semblent s’aggraver au fil des années.

Une prime annuelle moyenne qui s’approche des 3 000 €

Le montant moyen de la prime annuelle d’assurance des diagnostiqueurs ayant participé à notre consultation s’élève à 2 831 €. Un chiffre qui masque cependant des réalités différentes selon les profils et les situations.

Ainsi, la prime annuelle moyenne des diagnostiqueurs « solo » se situe autour des 2 120 €, mais avec des variations du simple (autour de 1 000 / 1 200 €) au quadruple (4 300 €).

Si ces solos paient en moyenne un peu moins cher leur RC Pro lorsqu’ils appartiennent à une franchise ou un réseau (1 937 €), ceux qui sont membres d’une fédération sont en revanche au-dessus (2 484 €). Ces chiffres ne permettent cependant pas de raisonner à couverture égale.

Fort logiquement, la prime d’assurance moyenne des entreprises dont l’activité ne concerne que les diagnostics vente et location est bien inférieure à celles qui interviennent sur des missions avant travaux, 2 106 € pour les premières contre 3 378 € pour les secondes. Une différence qui s’explique par une couverture plus étendue, mais aussi la taille plus importante des entreprises actives sur l’avant-travaux.

Des augmentations qui se généralisent

61% des sondés nous font part d’une augmentation de leur prime annuelle au cours des 12 derniers mois. Si elle reste limitée à moins de 10% dans 40% des cas, elle dépasse tout de même les 20% dans près de 30% des cas. Un précédent sondage réalisé par Diagactu en novembre 2017 montrait que seulement 48% des diagnostiqueurs avaient vu leur prime augmenter durant l’année.

Sur trois ans, 65,6% des diagnostiqueurs sondés ont déclaré une augmentation de leur prime d’assurance. Un chiffre qui n’était que de 57% en 2017. Cette augmentation dépasse les 20% dans 36% des cas.

Le peu d’écart constaté entre la proportion sur 12 mois et celle sur trois ans témoigne probablement de pratiques tarifaires différentes avec, d’une part, des contrats dont les primes restent stables, 58% des sondés n’ayant pas connu d’augmentation lors des 12 derniers mois n’en n’ont pas non plus subi sur les trois dernières années, et d’autre part, des contrats dont les primes augmentent de façon plus systématique.

La difficile quête du meilleur tarif dans un contexte de raréfaction des acteurs

En 2017, 30% des sondés nous avaient fait part de leur intention de changer d’assurance dans les années à venir. Début 2022, 26% des sondés exerçant depuis plus de trois ans déclarent avoir franchi le pas lors des 36 derniers mois. Les motifs invoqués semblent tout d’abord être d’ordre financier : 55% avancent une augmentation excessive du montant de la prime annuelle et 28% déclarent avoir trouvé des tarifs plus compétitifs. La sinistralité ou une meilleure couverture ne sont pas en revanche très souvent mises en avant.

Mais surtout, dans 23% des cas, le changement d’assurance est la conséquence d’un retrait ou d’un refus du précédent assureur, motifs qui peuvent aussi parfois être dissimulés derrière une augmentation excessive du montant de la prime. Un sondé en témoigne : « Le nombre des assureurs acceptant de couvrir le risque de nos activités se réduit chaque année. Il faut une action gouvernementale avant que les diagnostiqueurs ne soient dans l’incapacité de s’assurer. »

Dans ce contexte de hausse des tarifs et d’une désertion du marché de l’assurance des diagnostiqueurs immobiliers par certains acteurs, 23% des sondés déclarent avoir rencontré des difficultés à se faire assurer, y compris pour des entreprises bien implantées et structurées : « Après avoir tenté de renégocier le tarif avec notre précédent assureur, nous avons eu d’énormes difficultés à trouver un assureur qui nous accepte, malgré notre ancienneté (plus de 20 ans) et la très (très) faible sinistralité. Nos activités sont multiples (pas que du diag mais aussi du contrôle) et nous restons une petite entreprise (5 techniciens). Les « gros » (BV, APAVE, SOCOTEC…) ont « du poids » face aux assureurs, ce qui n’est pas notre cas… du coup, nous payons le prix fort ! ».

D’autant plus que cette hausse des primes annuelles s’accompagne d’une seconde problématique : celle de la sinistralité, que nous traitons dans un autre article, et dont on peut craindre qu’elle n’augmente sous les effets conjugués de la diversification des missions, de l’opposabilité du DPE et du phénomène de juridicisation qui progresse au sein de la société.

Mathias Lovaglio

Panel des sondés

Sondage réalisé du 18 au 21 janvier 2022 auprès de 238 chefs d’entreprise de diagnostic immobilier, dont 75% de diagnostiqueur « solo ».


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