VERS UN SÉGUR DU DIAGNOSTIC IMMOBILIER ? Profession

Congrès FNAIM 2025
Publié le par Mathias LOVAGLIO

À l’occasion de son congrès IMMO 2025, la FNAIM a réuni le député Daniel Labaronne et les représentants des principales organisations de diagnostiqueurs pour aborder la question de la représentation de la profession et ses relations avec les prescripteurs. Entre volonté d’unité, divergences sur la représentation et appel à un « Ségur du diagnostic immobilier », les lignes pourraient bouger dans les mois à venir.

Le mardi 9 décembre 2025, la FNAIM a convié à son congrès une partie des organisations professionnelles des diagnostiqueurs immobiliers pour un atelier animé par Henry Buzy-Cazaux et en présence du député Daniel Labaronne. Diagactu y a assisté afin de rendre compte de cette initiative. Pendant une heure, les échanges ont porté sur la représentation de la profession et ses relations avec les donneurs d’ordre. Devant une assistance clairsemée, Jean-Christophe Protais, président de Sidiane, Lionel Janot, président de l’Alliance du diagnostic immobilier, Fares El Aillache Mouheb, vice-président de Fed Experts, et Patrick Gombaud, président de l’Onedi, ont débattu de ces questions. À noter également, la courte apparition de Loïc Cantin, président de la FNAIM.

Une unité représentative indispensable, mais toujours aussi complexe

Pour débuter cet atelier, le député Daniel Labaronne est revenu sur le contenu de son rapport sur la faisabilité de la mise en place d’un ordre des diagnostiqueurs immobiliers remis à Vincent Jeanbrun le 28 novembre dernier. S’il appartient désormais au ministre de la Ville et du Logement d’en dévoiler les détails, le député a dressé le constat d’une représentation fragmentée. L’une des recommandations de son rapport porte donc sur la constitution d’un cadre permettant de favoriser les consultations et les échanges : une sorte de « Ségur du diagnostic immobilier », sous l’impulsion du ministre du Logement. Sur la question de l’ordre, Daniel Labaronne reconnait que le montage juridique est complexe mais pas impossible « La création d’un ordre ne pourra se faire sans l’adhésion de toute la profession », a-t-il affirmé. Il avance une autre piste intermédiaire avec la mise en place d’un « quasi-ordre », agréé par le ministère, organisé autour d’une charte déontologique et doté de pouvoirs de contrôles et de sanctions.

Loïc Cantin a alors appelé la profession à ne pas s’isoler pour autant et suggéré la mise en place d’un « pôle de compétences » réunissant notamment diagnostiqueurs, agents immobiliers et syndics.

Les différents représentants des organisations professionnelles ont ensuite été invités à commenter les propositions du député d’Indre-et-Loire. Si tous se sont montrés favorables à l’idée d’un « Ségur du diagnostic immobilier » et à une représentation plus unifiée, des divergences sont apparues sur la question de la représentation de la profession. Patrick Gombaud et Farès Mouheb ont insisté sur la nécessité de placer les diagnostiqueurs certifiés, en tant qu’individus et par opposition aux entreprises, au cœur de la démarche. Jean-Christophe Protais a souligné au contraire la pluralité d’acteurs et de missions mais se dit « prêt à échanger avec tout le monde dans la courtoise et le dialogue ». Lionel Janot a aussi rappelé que la dilution de la représentation donnait une plus grande latitude aux pouvoirs publics et pris l’exemple de la création du GPFDI* qui a permis aux diagnostiqueurs immobiliers d’obtenir un siège au CSCEE.

L’instauration d’un « quasi-ordre » illustre néanmoins les dissensions qui peuvent exister au sein de la profession. Seul Patrick Gombaud a réellement commenté cette proposition, y voyant une « forme de régulation de la profession intermédiaire en attendant des élections professionnelles » et avant l’instauration à moyen ou à long terme d’un ordre. Jean-Christophe Protais veut, quant à lui, plutôt prioriser la remise à plat de la pile de réglementations qui s’est accumulée pour les rendre plus efficaces et pertinentes.

Vers un renforcement de l’encadrement des relations avec les prescripteurs ?

La seconde partie de l’atelier sur les relations avec les donneurs d’ordre a d’abord porté sur un rappel sémantique. Jean-Christophe Protais a relevé que les agents immobiliers ne sont pas des donneurs d’ordre mais bien des prescripteurs des diagnostiqueurs, tierce partie indépendante des transactions. Les quatre représentants ont réaffirmé la nécessité de garantir l’indépendance et l’impartialité des diagnostiqueurs. Ils ont été rejoints par Daniel Labaronne qui a évoqué l’une des propositions de son rapport : l’instauration d’un système encadré de responsabilités des différents acteurs afin que chacun se sente concerné et ainsi limiter les pressions qui peuvent s’exercer sur les diagnostiqueurs. Lionel Janot a pointé  « une pédagogie encore insuffisante », même s’il note des améliorations depuis l’émergence des diagnostics il y a plus de 20 ans.

Daniel Labaronne a conclu l’atelier en faisant part de son étonnement quant à la faiblesse du régime de sanctions pour les personnes qui s’affranchiraient des règles d’indépendance et d’impartialité, malgré un cadre réglementaire très riche. Il recommande d’ailleurs, dans son rapport, de lancer des réflexions sur ce sujet, pourquoi pas dans le cadre d’un futur « Ségur du diagnostic immobilier ».

*GPFDI : groupement des professionnels fédérés du diagnostic immobilier réunissant Sidiane et l’Alliance du diagnostic immobilier

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Un commentaire

  • ETIC a écrit

    La réalité ressort de ces beaux discours, le fait de discuter de l’indépendance des diagnostiqueurs
    avec la FNAIM démontre à quel point, ces gens veulent soumettre les diagnostiqueurs. Car tout le monde le sait très bien, c’est cette influence qui nuit au métier.
    L’importance de la sémantique entre donneur d’ordre et prescripteur ?!!!
    Mais de quel droit un agent immobilier dont les intérêts sont de faire porter la responsabilité sur le diagnostiqueur tout en réussissant sa vente (donc sans entrave) peut-il prescrire un diagnostiqueur ?
    Tout le contraire du sens du décret anti-commissionnement de 2010, qui n’est pas allez assez loin dans le principe de sanctions, notamment des AI qui se permettent de prescrire ou de commander des missions.
    .
    Ils peuvent continuer de se mettre des œillères pour faire semblant de ne pas comprendre où est le problème ou que par facilité, d’accuser les odi d’incompétence, mais nous ne sommes pas dupes, nous savons très bien que tout ce système est corrompu.
    Pourquoi une société comprenant 100 diagnostiqueurs aurait plus de poids que 100 sociétés d’indépendants ?
    L’ONEDI représente plus de 400 sociétés, je pense que c’est suffisamment important pour la prendre en considération, surtout quand on sait que les soi-disantes organisations représentatives intègrent des adhérents qui ne sont réellement plus adhérents ou qui ne l’ont jamais été, ou considère que parce qu’une PME représente le poids de ses 100 diagnostiqueurs alors qu’en réalité, cette adhésion ne représente que le seul intérêt de son patron.
    Analyse faite en omettant, en plus, le fait que nombre d’adhérents ne sont pas certifiés.
    .
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    L’idéal, face à ce déni de démocratie représentative, serait que les salariés se mettent un jour tous en grève afin de montrer l’indépendance dont ils doivent faire preuve (certification de personne), mais pour cela il faudrait un syndicat qui gère cette problématique à l’échelle nationale.

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