PPPT : LE CASSE-TÊTE DES PETITES COPROPRIÉTÉS Profession
Depuis 2025, toutes les copropriétés sont concernées par le PPPT. Mais pour les plus petites d’entre elles, l’obligation se heurte à une réalité économique et organisationnelle particulière : une étude dont le coût est réparti sur quelques lots, des syndics souvent bénévoles et, une fois le rapport remis, la difficulté à passer du projet aux travaux.
Deux, quatre, six logements… Pour les petites copropriétés, lancer le Projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT) relève souvent du casse-tête, si tant est qu’elles connaissent l’obligation. Alber, filiale d’Acceo spécialisée dans l’accompagnement des copropriétés de moins de 20 lots, estime ainsi que 90 % des petites copropriétés n’auraient pas encore réalisé leur PPPT.
Une équation économique encore compliquée
« Certains sont allés voir des bureaux d’études et n’ont pas eu de réponse. D’autres ont reçu des propositions à 3 000 ou 3 500 euros. Pour deux, quatre ou six lots, c’est beaucoup trop cher », constate Marilyne Lacaze, dirigeante d’Alber. Le problème réside notamment dans les coûts incompressibles de la mission. Auditer une copropriété, quelle que soit sa taille, suppose toujours d’effectuer une visite, de collecter des informations, d’analyser le bâtiment et de chiffrer les travaux à programmer. Pour réduire la facture, les économies sont donc à rechercher dans « l’automatisation de la partie organisationnelle et dans une collaboration plus importante avec le client », souligne la dirigeante d’Alber.
Une pédagogie plus que jamais nécessaire
Autre difficulté, et non des moindres : le rapport doit ensuite devenir un véritable outil de décision. « Très souvent, les gens parcourent quarante à soixante pages et disent qu’ils sont perdus. Il faut prioriser les actions, dire ce qui est urgent, combien cela coûte et ce qui doit être fait ensuite », poursuit Marilyne Lacaze. L’enjeu est encore plus marqué lorsque la copropriété est administrée bénévolement où le risque est grand de voir le PPPT rester au stade du projet.
« Le nerf de la guerre reste l’argent, mais les copropriétaires ne sortiront pas 20 000 euros par logement s’ils n’ont pas de visibilité sur la façon dont cela va se passer », estime Marilyne Lacaze. C’est pourquoi elle considère que la forme du livrable compte autant que son contenu : « L’important, ce n’est pas de faire un rapport qui reste un rapport, c’est de faire quelque chose qui aide à passer à l’action. Il faut que les gens comprennent ce qu’on leur dit et vers quoi on veut les guider », résume Marilyne Lacaze.
Le marché des petites copropriétés présente un potentiel fort. Mais pour y répondre, les opérateurs doivent adapter leurs process afin de proposer une prestation compatible avec les moyens de ces immeubles, sans sacrifier la qualité de l’étude.
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