LES 5 FAITS MARQUANTS DE 2025 RETENUS PAR DIAGACTU Profession
En cette fin d’année 2025, la rédaction a sélectionné les cinq faits qui l’ont marquée et qui vous ont impactés.
1- Plan ministériel pour le DPE : un coup d’épée dans l’eau ?
Mise sous pression par la diffusion d’un reportage du magazine d’investigation Complément d’enquête consacré au DPE, Valérie Létard, alors ministre du Logement, réagit en dévoilant, le 19 mars, un nouveau plan d’actions pour restaurer la confiance dans cet outil. Ses dix mesures clés visant à renforcer les contrôles, prévenir les fraudes et améliorer la formation et l’information reçoivent un accueil mitigé des diagnostiqueurs, peu enclins à voir la surveillance de leur activité renforcée. En parallèle, la ministre du Logement charge Henry Buzy-Cazaux et le député Daniel Labaronne de lui remettre deux rapports sur des mesures phares du plan d’actions : la mise en place d’une formation post-bac et la création d’un Ordre des diagnostiqueurs.
Malgré leurs réserves des fédérations, le ministère décide de passer en force et les arrêtés sont publiés sans modification significative. À compter du 1er octobre 2025, les diagnostiqueurs seront soumis à une analyse statistique de leur activité à partir des données de l’Ademe avec la mise en place de différents indicateurs (KPI) comme le kilométrage effectué ou le nombre de DPE produits annuellement. Par ailleurs, deux QR Code, l’un sur le rapport de DPE (1er septembre 2025) et l’autre permettant de vérifier les certifications du diagnostiqueur sur l’annuaire (1er juillet 2025), sont également prévus. Enfin, un affichage des étiquettes différé à l’enregistrement du DPE à l’Ademe doit entrer en vigueur au 1er octobre 2025.
Mais rien ne se passe comme prévu, traduisant la précipitation avec laquelle le ministère a agi. Les QR Code sur le rapport de DPE et les KPI, bien que sans sanctions associées, sont bien mis en place, mais ceux permettant de vérifier les certifications sur l’annuaire officiel sont reportés, probablement au premier semestre 2026, en raison de difficultés techniques mais aussi de questionnements sur les données devant y figurer. Enfin, l’affichage différé des étiquettes n’est entré en application que début décembre, dans un format adapté, les éditeurs de logiciel ayant fait front pour assouplir le dispositif qui n’en demeure pas moins critiqué par les diagnostiqueurs.
À l’automne, c’est finalement à Vincent Jeanbrun, nouveau ministre de la Ville et du Logement, que Daniel Labaronne remet son rapport sur la faisabilité de la mise en place d’un ordre des diagnostiqueurs immobiliers. Un « Ségur du diagnostic immobilier » serait envisagé au 1er trimestre 2026, démarche nécessairement préalable à la constitution d’un « quasi-ordre ».
2- Clap de fin pour le régime transitoire d’habilitation à l’audit énergétique
Le 1er mai 2025 marquait la fin du régime transitoire pour l’habilitation à réaliser l’audit énergétique. Depuis, les diagnostiqueurs doivent être titulaires d’une extension « audit énergétique » adossée à leur certification DPE. La première des conséquences fut une baisse importante du nombre de diagnostiqueurs habilités (-40 % entre octobre 2024 et mai 2025). Si ce chiffre est depuis reparti à la hausse, on dénombre tout de même 1 000 diagnostiqueurs de moins positionnés sur l’audit énergétique qu’au plus fort de la vague du régime transitoire (2545 au 2 décembre 2025 contre 3568 au 15 octobre 2024). Cette désaffection atteste autant de la facilité d’accès à l’audit énergétique sous le régime transitoire que d’une perte d’intérêt d’une partie des professionnels pour cette mission en raison de l’investissement demandé, des risques encourus, de la concurrence, etc.
3- Réforme de la certification DPE : quel bilan ?
-11 % ! C’est la variation du nombre de certificats DPE entre octobre 2024 et octobre 2025. Une dynamique inédite qui peut, en partie, s’expliquer par l’application du nouveau cycle de certification DPE mis en place en juillet 2024, avec ses grilles de contrôles durcies et ses sanctions renforcées. Une situation qui provoque l’exaspération d’une partie des diagnostiqueurs pris dans l’étau d’une surveillance plus régulière et de conséquences plus coûteuses que jamais (cas test, journée de formation, voire suspension). Beaucoup critiquent également une application inégalitaire selon les organismes certificateurs, dénonçant l’existence de CSO fantôme, un manque d’alignement des sanctions, des OC incapables de tenir les délais, etc. Une situation qui a même poussé un diagnostiqueur à attaquer l’arrêté compétence du 20 juillet 2023 devant le tribunal administratif de Montpellier.
Mais cette baisse du nombre de certificats DPE résulte également d’une profession rendue moins attractive. Le renforcement de la formation initiale et la stigmatisation régulière du DPE dans les médias généralistes n’y sont probablement pas étrangers. La cause principale semble surtout être la conséquence de la raréfaction des financements, la formation initiale des diagnostiqueurs n’échappant aux coupes budgétaires. On évoque ainsi une baisse de fréquentation de 40 % chez les organismes de formation qui, si elle venait à durer, pourrait poser la question d’une pénurie de professionnels…
4- Une représentation recomposée, mais plus que jamais morcelée
Côté fédérations, l’année 2025 aura aussi été marquée par une actualité prolifique avec notamment les créations de l’Organisation nationale d’éthique du diagnostic immobilier (ONEDI) et de la Fédération nationale des diagnostiqueurs immobiliers (FNDI), ainsi que la fusion de la FIDI et de la CDI au sein de l’Alliance du diagnostic immobilier. À l’exception de quelques initiatives communes, la représentation de la profession demeure cependant extrêmement morcelée et partagée sur la vision de son avenir (certification d’entreprise, création d’un ordre, etc.). Une problématique soulevée dans les rapports des députés Lionel Causse et Daniel Labaronne qui appellent à une plus grande unité.
5- Une évolution inquiétante de la jurisprudence amiante
Le 30 janvier 2025, la Cour de cassation rendait un arrêt cassant une décision de cour d’appel ayant limité l’indemnisation du préjudice en raison d’un diagnostic amiante avant-vente erroné à la perte de chance, alors même que les matériaux amiantés non repérés ne présentaient pas de risque. Une doctrine reprise dans un arrêt de la cour d’appel de Douai du 24 avril 2025 qui a condamné un diagnostiqueur à la réparation intégrale du préjudice, indépendamment de l’existence d’un risque sanitaire immédiat.
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